Université de Haute Alsace : Du BUT à l’emploi : les étudiants en agronomie se préparent avec l’Apecita

À l’Université de Haute-Alsace, l’Apecita intervient depuis de nombreuses années auprès des étudiants en agronomie pour leur faire découvrir le marché de l’emploi. Depuis trois ans, les étudiants de troisième année du BUT Génie biologique parcours agronomie vont plus loin : ils travaillent leur stratégie de recherche d’emploi et se confrontent à de vrais recruteurs. Une préparation qui fait pleinement partie de leur formation.

La collaboration entre l’Apecita et l’Université de Haute-Alsace ne date pas d’hier. Bien avant que le DUT Génie biologique ne devienne BUT, l’association intervenait déjà auprès des étudiants du parcours agronomie pour leur parler du marché de l’emploi. Depuis trois ans, un nouveau volet est venu compléter ces interventions. En début de troisième année, les étudiants travaillent désormais leur stratégie de recherche d’emploi avec Emmanuelle Dazy, conseillère RH à l’Apecita de Colmar.

Car savoir parler agronomie, productions végétales ou expérimentation ne suffit pas forcément au moment d’envoyer ses premières candidatures. Encore faut-il savoir ce que l’on recherche, ce que l’on peut apporter à une entreprise et réussir à l’expliquer. Et sur ces sujets, l’équipe pédagogique préfère faire appel à ceux qui connaissent le recrutement de l’intérieur. « Je m’occupe justement de recruter des vacataires ou de chercher des formateurs comme Emmanuelle qui peuvent nous apporter leur expertise professionnelle» explique Laure Valat, maître de conférences à l’UHA et directrice des études des semestres impairs du BUT.

Des métiers à découvrir avant de choisir sa voie

D’autant qu’avec un BUT Génie biologique parcours agronomie en poche, les possibilités sont nombreuses. Production, conseil, expérimentation, recherche et développement, activités technico-commerciales… Les diplômés peuvent travailler dans des structures et exercer des fonctions très différentes. D’autres choisissent de poursuivre leurs études, notamment en école d’ingénieurs.

Pas forcément évident, à 18 ou 20 ans, de se repérer parmi toutes ces possibilités. La question du projet professionnel est donc travaillée tout au long du cursus, notamment dans le cadre du PPP, le projet personnel et professionnel. « L’idée est d’amener progressivement les étudiants à découvrir les métiers accessibles avec leur formation, mais aussi à mieux cerner leurs envies et à construire leur propre projet » précise Laure Valat.

Et pour découvrir un métier, autant aller voir ceux qui le font. Anciens étudiants qui viennent raconter leur parcours, professionnels invités à échanger avec les promotions, visites d’exploitations ou d’entreprises… les occasions de sortir du cadre des cours sont nombreuses. Elles permettent aussi aux étudiants de découvrir des métiers auxquels ils n’avaient pas forcément pensé en entrant en BUT.

Le portfolio les amène, de son côté, à regarder ce qu’ils ont déjà acquis. Au fil des trois années, ils reviennent sur leurs expériences, leurs réalisations et les compétences développées. Petit à petit, le projet se précise : ce qu’ils savent faire, ce qui leur plaît et ce vers quoi ils ont envie d’aller. Reste ensuite à savoir le raconter à un employeur.

Savoir ce que l’on vaut… et savoir le dire

C’est là qu’intervient Emmanuelle Dazy. Au début de la troisième année, la conseillère RH retrouve une trentaine d’étudiants, répartis en deux groupes d’une quinzaine de personnes. Trois demi-journées sont prévues pour chacun des groupes.

« Les deux premières demi-journées, ils se concentrent sur ce qui est important pour eux, leurs motivations, leurs valeurs, leurs centres d’intérêts. Nous réalisons aussi un test de préférences dans le travail et nous travaillons sur leurs compétences et sur la manière de les présenter en entreprise » détaille-t-elle.

Il est bien sûr question du CV et de la lettre de motivation, mais pas seulement. Une bonne candidature ne tient pas à quelques lignes bien tournées. Les étudiants doivent surtout apprendre à parler d’eux sans réciter leur CV, à expliquer ce qu’ils ont appris et à donner des exemples de ce qu’ils savent faire. Un exercice qui n’a rien d’évident quand on a encore peu d’expérience professionnelle.

Après deux demi-journées de préparation, place au test grandeur nature. Pour la troisième rencontre, l’Apecita fait venir des entreprises, choisies autant que possible en fonction des projets des étudiants, des secteurs qui les attirent ou des métiers qu’ils envisagent. « Ils passent alors des mini-entretiens pour apprendre à se présenter, à parler de leurs compétences, à se pitcher efficacement, parce que ce sont quand même des échanges assez courts » poursuit Emmanuelle Dazy.

Face aux recruteurs, l’exercice devient très concret

Cette fois, les étudiants ne sont plus entre eux. Face à eux, de vrais professionnels posent leurs questions et peuvent aussi aller chercher du côté des connaissances techniques. De quoi parfois en déstabiliser quelques-uns. Mais c’est justement le but. Et difficile de prendre l’exercice à la légère : les entretiens sont évalués et donnent lieu à une note. Il faut donc préparer sa présentation, défendre ses compétences et répondre aux questions comme on le ferait lors d’un recrutement.

Pour certains, d’ailleurs, la rencontre est déjà bien plus qu’un exercice. À cette période de l’année, quelques étudiants cherchent encore leur stage de printemps. D’autres préparent une poursuite d’études en école d’ingénieurs et ont besoin de trouver une entreprise pour leur apprentissage. « Il y a parfois un vrai enjeu derrière, insiste Emmanuelle Dazy. Ils se retrouvent vraiment dans une posture de recherche active. »

Avec quelquefois une bonne surprise à la clé. La conseillère RH se souvient ainsi d’un chef d’entreprise qui avait repéré, au cours de ces rencontres, un étudiant qu’il aurait bien vu rejoindre ses équipes. Preuve que le faux entretien peut rapidement devenir une vraie prise de contact.

C’est aussi tout l’intérêt, pour l’Université de Haute-Alsace, de travailler avec l’Apecita. L’équipe pédagogique connaît ses étudiants et les compétences qu’elle leur transmet ; l’Apecita connaît le marché de l’emploi, les recruteurs et leurs attentes. Et elle peut surtout ouvrir son réseau d’entreprises aux étudiants. De quoi les préparer un peu mieux au moment où, stage, alternance ou premier emploi oblige, il faudra cette fois passer un vrai entretien. Une belle manière de faire de l’insertion professionnelle non pas une question à se poser une fois le diplôme en poche, mais bien une partie intégrante de la formation.

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