Nouveaux installés : une génération très connectée… mais en manque d’informations adaptées
Près de trois nouveaux agriculteurs sur quatre s’informent via des supports numériques. Pourtant, seuls 10 % se disent très satisfaits des informations qu’ils trouvent. C’est l’un des principaux enseignements d’une enquête inédite menée par Ipsos BVA pour l’Acta auprès de plus de 300 agriculteurs installés depuis moins de cinq ans.
Les nouveaux agriculteurs sont connectés, multiplient les sources d’information et n’hésitent pas à utiliser les réseaux sociaux pour piloter leur exploitation. Mais ils peinent encore à trouver des contenus suffisamment concrets et adaptés à leur quotidien.
Selon l’enquête, près de trois agriculteurs nouvellement installés sur quatre utilisent des supports numériques pour s’informer. Ils consultent en moyenne 3,7 canaux différents. Facebook reste le réseau social le plus utilisé, devant Instagram et YouTube, avec des usages qui varient selon les profils : les héritiers privilégient Facebook, tandis que les agriculteurs issus d’une reconversion se tournent davantage vers Instagram.
Une information jugée trop généraliste
Malgré cette forte consommation de contenus, le niveau de satisfaction reste faible. Seul un nouvel installé sur dix estime être très satisfait des informations auxquelles il a accès.
Les répondants jugent les contenus souvent trop généraux et insuffisamment adaptés à leurs réalités de terrain. Ils recherchent avant tout des informations directement mobilisables pour conduire leur exploitation : météo, conduite des cultures ou des élevages, fertilisation ou encore santé animale arrivent largement en tête de leurs attentes. À l’inverse, les questions liées à l’agroécologie ou au changement climatique sont encore peu associées au pilotage quotidien.
Cette attente est telle que près d’un agriculteur sur deux se dit prêt à payer pour accéder à une information de qualité. Par ailleurs, 10 % déclarent déjà utiliser des outils d’intelligence artificielle pour s’informer, un usage encore limité mais en progression.
Des profils de plus en plus diversifiés
L’étude met également en lumière le renouvellement des profils qui s’installent. Plus jeunes et davantage féminisés, ces agriculteurs exploitent en moyenne 92 hectares et un tiers d’entre eux est engagé en agriculture biologique, soit deux fois plus que la moyenne nationale.
Leurs parcours sont en revanche beaucoup plus variés qu’auparavant. Héritiers, reconvertis ou encore issus de milieux non agricoles se côtoient. Ainsi, 34 % des nouveaux installés ne possèdent pas de formation initiale agricole, ce qui contribue à des besoins d’accompagnement très différents d’un exploitant à l’autre.
Une forte attente autour de la formation
Dans ce contexte, la formation continue apparaît comme un levier particulièrement attendu. Plus de neuf nouveaux installés sur dix la jugent importante et 82 % se déclarent intéressés par des formations proposées par les instituts techniques agricoles, en priorité sur des sujets très opérationnels. Un signal qui confirme l’importance d’un accompagnement technique personnalisé pour répondre aux attentes de cette nouvelle génération d’agriculteurs.
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