Energies renouvelables : la méthanisation continue de gagner du terrain

Avec 803 unités raccordées aux réseaux fin 2025, la méthanisation confirme sa progression en France. La production augmente, les projets restent nombreux, mais la filière demande davantage de visibilité pour poursuivre sur cette lancée.

La méthanisation poursuit son développement en France. En 2025, 72 nouvelles unités ont été mises en service, portant à 803 le nombre d’installations injectant du biométhane dans les réseaux gaziers.

Au total, les capacités installées atteignent désormais 15,6 TWh par an. La production s’est élevée à 13,6 TWh sur l’année, soit 3,9 % de la consommation française de gaz. La France conforte ainsi sa place de leader européen des gaz renouvelables et bas carbone.

Une activité qui s’ancre dans les territoires

La méthanisation repose en grande partie sur la valorisation de matières organiques issues des exploitations agricoles, mais aussi des collectivités ou de l’industrie agroalimentaire. Elle permet de produire du biométhane, injecté dans les réseaux, mais aussi du digestat, utilisé comme fertilisant.

Pour les exploitations, elle peut donc représenter à la fois une voie de diversification, une solution de valorisation des effluents et un moyen de réduire le recours aux engrais minéraux. La filière souligne également l’intérêt du CO₂ biogénique produit par les unités, qui peut être utilisé dans certains procédés industriels ou dans la fabrication de carburants de synthèse.

Encore de nombreux projets en attente

La dynamique ne repose pas seulement sur les installations déjà en fonctionnement. Fin 2025, 19,2 TWh de capacités supplémentaires étaient inscrites en file d’attente. En ajoutant les unités en service, le potentiel enregistré atteint ainsi 34,7 TWh par an.

La Programmation pluriannuelle de l’énergie fixe, de son côté, un objectif de 44 TWh de biométhane injectés en 2030, puis jusqu’à 82 TWh en 2035. Le cap est donc élevé, mais les projets existent déjà en partie.

La question du financement reste centrale

Reste à savoir dans quelles conditions ils pourront réellement voir le jour. Depuis le 1er janvier 2026, les certificats de production de biogaz doivent contribuer au financement des installations. Mais leur trajectoire n’est connue que jusqu’en 2028.

Un horizon jugé trop court par la filière, alors que les projets s’amortissent sur plus de dix ans. Plusieurs investissements seraient déjà gelés ou reportés, notamment pour les unités de plus grande taille et pour certaines installations de cogénération susceptibles de se convertir à l’injection.

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