Pêche : la moitié des volumes débarqués provient désormais de stocks exploités durablement
La situation des ressources halieutiques françaises poursuit son amélioration, mais les progrès restent fragiles. Selon le bilan 2025 publié par l’Ifremer, 50 % des volumes de poissons débarqués en France hexagonale en 2024 proviennent de populations exploitées durablement. Un résultat en légère hausse, alors que les scientifiques alertent sur un nouveau défi : les effets du changement climatique pourraient remettre en cause les objectifs actuels de gestion des pêches.
Une exploitation durable qui progresse
L’indicateur continue d’évoluer dans le bon sens. En 2024, un poisson sur deux débarqué par la flotte française est issu d’un stock exploité durablement, contre 44 % pour 2023.
Pour autant, la situation reste contrastée. Plus d’un quart des volumes débarqués (28 %) proviennent encore de populations en situation de surpêche, tandis que 7 % sont issus de stocks considérés comme effondrés. À l’inverse, certaines espèces montrent des signes encourageants grâce aux mesures de gestion mises en place depuis plusieurs années.
Le changement climatique rebat les cartes
Au-delà de l’état actuel des stocks, les chercheurs mettent désormais l’accent sur l’évolution de leur productivité. Le réchauffement des eaux, les modifications des écosystèmes marins ou encore les déplacements d’espèces pourraient réduire la capacité de renouvellement de nombreuses populations de poissons.
Les projections de l’Ifremer évoquent une baisse pouvant atteindre 23 % de la productivité de certaines ressources d’ici à 2100. Dans ce contexte, des niveaux de captures aujourd’hui jugés durables pourraient ne plus l’être demain si les règles de gestion n’évoluent pas.
Adapter les objectifs de gestion
Face à ces incertitudes, les scientifiques estiment qu’il sera nécessaire d’intégrer davantage le changement climatique dans les décisions de gestion des pêches. L’une des pistes consiste à fixer des niveaux de captures inférieurs au rendement maximal durable, afin de renforcer la résilience des populations de poissons et de mieux absorber les effets des évolutions environnementales.
Cette approche de précaution vise à préserver la trajectoire engagée depuis plusieurs années. Car si les résultats progressent globalement, ils restent variables selon les espèces et les zones de pêche. Pour l’Ifremer, maintenir cette dynamique passera désormais autant par la lutte contre la surpêche que par l’adaptation aux conséquences du changement climatique.
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