Emma Verrière : un jeune ingénieure agro engagée pour la filière chevreau

Diplômée de l’ISARA et aujourd’hui animatrice du plan filière chevreau d’Auvergne-Rhône-Alpes chez Interbev, Emma Verrière a trouvé sa voie à la croisée des sciences animales, du développement agricole et du travail de terrain. Entre accompagnement des éleveurs, promotion de la viande de chevreau et coordination d’un réseau d’acteurs, elle contribue chaque jour à la structuration d’une filière dynamique et porteuse de sens.

Le parcours d’Emma Verrière débute avec un bac scientifique, option Sciences de la Vie et de la Terre, obtenu en 2020. Attirée par les sciences et la biologie, elle poursuit alors ses études en DUT Génie biologique, option Industries agroalimentaires et biologiques. « Mais au fil de sa formation, Je me suis rendu compte que ce n’était pas spécialement l’industrie agroalimentaire qui m’intéressait, mais beaucoup ce qui se passe en amont de la chaîne de production » explique-t-elle.

Cette prise de conscience la conduit à intégrer l’ISARA à Lyon, où elle rejoint le cursus ingénieur agronome grâce aux passerelles ouvertes aux étudiants issus des IUT. En dernière année, elle choisit la spécialisation « Élevage, environnement et santé ». Un choix qui trouve ses racines bien plus loin dans son histoire personnelle. « Comme beaucoup d’enfants, plus jeune, je voulais être vétérinaire. Cette spécialisation était celle qui me rapprochait le plus du contact avec les animaux et des sciences vétérinaires. »

Une orientation confirmée par son mémoire de fin d’études réalisé dans un institut technique, l’ITAVI, et consacré à la gestion parasitaire des élevages cunicoles en Auvergne-Rhône-Alpes.

Une opportunité professionnelle née de son environnement de stage

Installée au sein de l’Agrapole de Lyon pour son stage de fin d’études, Emma côtoie quotidiennement les différentes organisations agricoles hébergées sur le site. C’est là qu’elle découvre les missions d’Interbev, l’association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes, et saisit une opportunité professionnelle. Depuis 2024, elle y occupe le poste d’animatrice du plan filière chevreau d’Auvergne-Rhône-Alpes.

Son rôle ? Structurer la filière viande de chevreau, un coproduit de la filière caprine souvent éclipsé par la production laitière et les fromages de chèvre. « L’objectif est de pérenniser les débouchés, accompagner les éleveurs et faire connaître la viande de chevreau auprès du grand public et des professionnels des métiers de bouche » précise-t-elle.

Pour cela, elle agit sur plusieurs fronts : développement de solutions d’engraissement, animation du réseau d’acteurs, organisation d’événements, communication, recherche de financements…

Un métier sans routine

Ce qui séduit particulièrement la jeune professionnelle, c’est la diversité de ses missions. « Je n’ai pas de journée type, se réjouit Emma. On a plutôt une année type. »

Au printemps, période de forte disponibilité des chevreaux, les actions de communication se multiplient : interventions dans les CFA de boucherie, salons agricoles, événements de promotion ou rencontres avec les professionnels.

Le reste de l’année est consacré au suivi technique, à la rédaction de bilans, à la gestion administrative des dispositifs d’aide ou encore à la coordination des différents partenaires de la filière.

Si une partie du travail se déroule au bureau, le terrain occupe également une place importante : visites d’élevages, échanges avec les éleveurs, rencontres avec les chambres d’agriculture, syndicats caprins ou encore présence sur des événements comme le Sommet de l’Élevage rythment régulièrement son agenda.

Au service d’une filière petite mais dynamique

Au sein d’Interbev Auvergne-Rhône-Alpes, Emma est aujourd’hui la seule salariée entièrement dédiée à la viande de chevreau. Une responsabilité qu’elle apprécie particulièrement. « C’est un vrai plaisir de travailler sur une petite filière, explique-t-elle. Les éleveurs sont très moteurs et réactifs sur le sujet. »

Au-delà des aspects techniques, c’est aussi toute la dimension humaine qui nourrit sa motivation : « Voir que mon travail a un impact direct sur les exploitations est très gratifiant. J’apprécie énormément les échanges avec les éleveurs et le fait d’être régulièrement sur le terrain. »

La pédagogie constitue également une part importante de son métier. Lors des salons, elle explique aux consommateurs le lien étroit entre production laitière caprine et viande de chevreau : « Quand on achète du fromage de chèvre, il y a forcément, derrière, eu un chevreau qui est né. Valoriser cette viande, c’est aussi reconnaître le travail de l’éleveur et soutenir l’agriculture locale. »

L’Apecita, un repère pendant les études

Durant sa scolarité à l’ISARA, Emma a également bénéficié de l’accompagnement de l’Apecita. À travers des interventions régulières au sein de l’école, les conseillers présentaient aux étudiants les débouchés du secteur agricole, les tendances de l’emploi et les différents types de structures recruteuses. « Quand on est étudiant ingénieur agronome, on ne sait pas toujours vers quels métiers on peut s’orienter. Les interventions de l’Apecita permettent d’avoir une vision concrète des possibilités qui existent. »

L’organisme lui a notamment permis de mieux comprendre la diversité des employeurs du secteur — chambres d’agriculture, instituts techniques, organisations professionnelles, coopératives ou interprofessions — mais aussi d’aborder plus sereinement son entrée dans la vie active. « L’Apecita m’a apporté des repères sur le marché de l’emploi et m’a aussi rassuré sur l’insertion professionnelle après le diplôme. » Une aide précieuse pour une jeune diplômée qui a finalement trouvé sa place dans une filière où expertise technique, animation de réseau et passion pour l’élevage se conjuguent au quotidien.

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