Haute-Loire : un bachelor agro pour former les futurs experts de l’élevage en transition

A la rentrée 2026, le lycée Brioude Bonnefont (Haute-Loire), en partenariat avec VetAgro Sup, ouvrira les portes du bachelor agro Élevage et transitions- parcours Élevage PRO en Massif central. Une formation bac+3 qui enrichit les possibilités, pour faire monter en compétences des profils capables d’accompagner des élevages en pleine mutation.

Pendant des années, les acteurs de la filière ont cerné le problème sans vraiment pouvoir y répondre : il manquait un diplôme professionnalisant entre le BTS et l’école d’ingénieurs, pleinement reconnu dans le schéma Licence-Master-Doctorat. « Il était indispensable d’ouvrir l’offre de formation aux études supérieures courtes avec ce niveau de diplôme, tant attendu dans l’enseignement agricole, explique Marine Chades, responsable communication de l’EPLEFPA Brioude-Bonnefont. C’est tout naturellement que l’établissement technique de Brioude-Bonnefont, associé à l’école d’ingénieurs VetAgro Sup, en lien étroit avec les professionnels et en réponse aux besoins du territoire, a répondu à l’ambition nationale de développer les bachelors agro, notamment dans le domaine de l’élevage, mais également sur d’autres thématiques porteuses de transitions pour les secteurs agricoles.

Ce n’est pas une simple marche de plus dans l’escalier académique. L’approche pédagogique change complètement d’échelle, comme l’explique Alexis Bruhat, coordinateur lien professionnel de cette nouvelle formation : « Là où le BTSA forme des techniciens opérationnels, le bachelor agro est pensé pour développer de manière plus approfondie des capacités d’analyse, de diagnostic, de conduite de projet et de management. Des compétences de plus en plus recherchées dans les structures d’appui à l’élevage. »

Un ancrage territorial fort, mais des compétences universelles

Le parcours a été imaginé avec et pour les professionnels du terrain. Son objectif ? Conduire et accompagner les systèmes d’élevage des territoires de moyenne montagne vers l’innovation et la performance pour répondre aux enjeux actuels et à venir. La coloration locale joue un rôle central : l’élevage du Massif central -avec ses systèmes bovins et ovins emblématiques – sert de fil conducteur pédagogique. Mais l’ambition va bien au-delà des frontières du massif. « L’objet d’étude est le Massif central, mais les diplômés pourront travailler partout en France » insiste Alexis Bruhat.

Ce positionnement attire des candidats venus d’horizons variés, y compris du Sud-Ouest, séduits par un modèle d’élevage reconnu et des compétences valorisables dans l’ensemble de la filière.

30 % d’intervenants professionnels

L’un des marqueurs forts de la formation, c’est son ancrage dans la réalité professionnelle. Le référentiel national impose 20 % d’interventions assurées par des acteurs du secteur. Le lycée Brioude-Bonnefont et son partenaire VetAgro Sup ont souhaité aller plus loin en portant ce taux à 30%. Conseillers agricoles, sélectionneurs, représentants de coopératives, chambres d’agriculture, instituts techniques… l’écosystème de l’élevage sera pleinement représenté en salle de cours.

« L’objectif est que les étudiants se positionnent déjà comme des professionnels », résume Alexis Bruhat. Études de cas concrets, projets appliqués, stages ou apprentissage : tout est conçu pour raccourcir au maximum la distance entre la formation et le terrain.

Le partenariat avec VetAgro Sup, un vrai atout

La formation est construite en partenariat avec VetAgro Sup. Ce n’est pas un détail. « Les étudiants auront accès aux travaux de recherche, aux données et aux analyses produites par l’école d’ingénieurs agronomes — une opportunité rare à ce niveau de formation, souligne Marine Chades. C’est un véritable atout pour nos étudiants. »

En portant ce diplôme, l’école d’ingénieurs agronomes réaffirme son engagement au service des territoires d’élevage et de leur avenir car la filière élevage a besoin de profils capables d’analyse, de conduite de projet, d’accompagnement : « Être l’établissement diplômant, c’est assumer pleinement notre responsabilité et garantir aux étudiants un diplôme reconnu dans l’enseignement supérieur, avec une passerelle possible vers la formation d’ingénieur agronome de VetAgro Sup. »

Si des poursuites d’études en master ou en écoles d’ingénieurs sont envisageables, l’objectif reste l’insertion professionnelle : environ la moitié des diplômés devrait rejoindre directement le marché du travail.

À qui s’adresse cette formation ?

Proposé par la voie initiale sous statut étudiant ou par la voie de l’apprentissage, ce bachelor agro est ouvert aux titulaires d’un bac+2 : BTS métiers de l’élevage (anciennement Productions Animales), BTSA ACS’Agri, mais aussi BUT 2, licences 2 ou autres BTS en lien avec l’agriculture. La sélection se fait sur dossier et entretien, avec une attention particulière portée au projet du candidat. « Nous regardons en quoi le bachelor agro peut aider le candidat à atteindre ses objectifs professionnels » précise le coordinateur.

Les métiers visés sont ceux de la conduite et l’accompagnement des systèmes d’élevage : responsable d’élevage, chargé de mission, chef de projet scientifique et technique, conseiller technique, assistant ingénieur. Des fonctions de plus en plus stratégiques à mesure que les exigences économiques, environnementales et sociétales sur les élevages s’intensifient.

Pour les jeunes qui souhaitent évoluer dans les filières d’élevage sans pour autant s’éloigner des territoires ruraux qu’ils connaissent, ce bachelor agro coche beaucoup de cases

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