Installation agricole : les parcours se diversifient, l’accompagnement aussi
Les parcours d’installation en agriculture se diversifient. Reprise familiale, reconversion professionnelle, création d’une nouvelle exploitation, projet agroécologique… les profils sont de plus en plus variés, au point que les catégories traditionnelles ne suffisent plus à les décrire. Pour l’Inrae, cette évolution oblige à repenser les dispositifs d’accompagnement si l’on veut relever le défi du renouvellement des générations.
Des profils de plus en plus diversifiés
Le constat est connu : d’ici 2030, près d’un agriculteur sur deux devrait partir à la retraite, alors qu’une seule installation est aujourd’hui enregistrée pour deux à trois départs. Mais au-delà des chiffres, c’est surtout le visage des nouveaux installés qui change.
Les installations hors cadre familial progressent fortement. Elles représentaient 39 % des installations lors du recensement agricole de 2020, contre 23 % dix ans plus tôt. Dans le même temps, les reconversions se multiplient, tout comme les créations de nouvelles exploitations. Résultat : il n’existe plus un parcours type pour s’installer en agriculture.
Les travaux présentés par l’Inrae distinguent ainsi plusieurs profils, allant des « héritiers bien préparés » aux personnes en reconversion, parfois après une carrière de cadre ou de profession intellectuelle. Certains enfants d’agriculteurs choisissent même de s’installer hors du cadre familial, tandis que des personnes sans origine agricole parviennent à suivre des trajectoires très proches de celles des exploitants issus du milieu.
Des freins qui restent nombreux
Quelle que soit leur trajectoire, les candidats à l’installation se heurtent souvent aux mêmes difficultés. L’accès au foncier arrive largement en tête, y compris pour les enfants d’agriculteurs. S’y ajoutent les difficultés à trouver une exploitation correspondant à leur projet, l’accès à la formation, le besoin d’un accompagnement pour dimensionner leur activité ou encore les questions d’équilibre entre temps de travail, qualité de vie et revenu.
Ces obstacles sont encore plus marqués pour les personnes en reconversion et les installations hors cadre familial. Les femmes rencontrent également davantage de difficultés pour trouver leur place et faire reconnaître leur projet.
Un accompagnement qui évolue lui aussi
Face à cette diversité de situations, l’accompagnement ne repose plus uniquement sur le dispositif national d’installation. Autour des chambres d’agriculture gravitent désormais de nombreux réseaux associatifs, coopératifs ou territoriaux qui proposent des solutions complémentaires : accompagnement individuel, formations, tutorat, accès au foncier, espaces-test ou encore aide à la transmission des exploitations.
Pour les chercheurs, cette diversité des acteurs constitue désormais un levier indispensable. À mesure que les projets d’installation se diversifient, les réponses apportées doivent elles aussi gagner en souplesse afin de mieux répondre aux attentes des futurs agriculteurs et agricultrices.
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