Marie-Blandine Doazan, agricultrice en Haute-Garonne : « Grâce au bilan de compétences, j’ai redécouvert tout ce que j’avais déjà construit. »
Quinze ans après son installation comme agricultrice, Marie-Blandine Doazan avait le sentiment d’être arrivée à un tournant. Entre la conduite de son exploitation, ses responsabilités professionnelles et familiales, elle éprouvait le besoin de faire le point. Le bilan de compétences réalisé avec Thierry Combet, délégué régional de l’Apecita Occitanie-Toulouse, ne l’a finalement pas conduite à changer de métier. Il lui a surtout permis de reprendre confiance dans son parcours… et de rouvrir le champ des possibles.
Diplômée de Purpan, Marie-Blandine Doazan reprend l’exploitation familiale en 2011 avant de développer, avec son conjoint, un élevage de 150 brebis Label Rouge en complément des grandes cultures. Pendant ces quinze années, elle s’investit également dans plusieurs responsabilités professionnelles, notamment au sein du syndicalisme et de la chambre d’agriculture.
Mais à force de cumuler les engagements, une question s’impose progressivement : où en est-elle professionnellement ? « Je sortais d’un mandat à la Chambre d’agriculture. Entre l’exploitation, les responsabilités, la famille… c’est compliqué de savoir où on en est de sa place professionnelle » confie-t-elle. Ce questionnement s’accompagne d’un besoin plus profond : « J’avais besoin d’être rassurée sur ce que je vaux et sur ce que je veux. »
Le déclic intervient au début de l’année, dans le contexte des mobilisations agricoles. « On avait l’impression que notre métier ne valait plus rien. J’étais presque arrivée à me dire qu’il fallait peut-être tout arrêter. » C’est dans ce contexte qu’elle décide de se lancer dans un bilan de compétences.
Prendre le temps avant de chercher des réponses
Lors de leur premier échange, Thierry Combet,délégué régional de l’Apecita Occitanie-Toulouse, ne lui promet pas de solution toute faite. Il lui rappelle d’abord qu’un bilan de compétences demande de la disponibilité, du temps et une véritable capacité à se remettre en question. Avec le recul, ces premiers conseils lui paraissent déterminants.
« Il m’a conseillé de ne pas être dans l’urgence, de ne pas vouloir tout résoudre en deux mois. Je crois que c’est ce qui m’a le plus aidée. » Le calendrier s’y prête également : elle dispose enfin du temps nécessaire pour s’investir pleinement dans cette démarche.
Le bilan, financé par Vivéa, s’organise sur une dizaine de séances réparties sur environ deux mois, alternant rendez-vous en présentiel et en visioconférence. Un rythme soutenu, mais compatible avec son activité agricole.
Reprendre conscience de ses compétences
L’une des étapes qui l’a le plus marquée est le retour à 360°, réalisé auprès de plusieurs personnes de son entourage professionnel. « En agriculture, on reçoit rarement un retour sur ce que l’on fait. Là, quatre personnes ont pris le temps de répondre à des questions sur moi. Ça m’a fait énormément de bien. »
Au-delà des appréciations reçues, l’exercice lui fait prendre conscience de tout ce qu’elle a déjà accompli. « Au départ, je me disais que je n’avais rien réalisé. Puis, en prenant du recul, je me suis rendu compte que si : développer un élevage ovin sur une exploitation céréalière, créer la vente directe… finalement, on construit beaucoup de choses sans toujours s’en rendre compte. »
Confirmer son métier… sans fermer d’autres portes
Le bilan explore aussi l’hypothèse d’une reconversion. Finalement, il débouche sur une conclusion différente : Marie-Blandine Doazan souhaite poursuivre son métier d’agricultrice, mais en le réinvestissant autrement.
Depuis, elle travaille notamment sur l’identité visuelle de son exploitation avec la création d’un logo afin de renforcer son activité de vente directe. Dans le même temps, l’accompagnement lui permet de réactiver d’anciennes envies qu’elle avait complètement mises de côté. « Ça m’a rouvert des portes. Je me suis rappelé que j’avais toujours été attirée par l’humanitaire. Ce n’est peut-être pas pour demain, mais je m’autorise de nouveau à imaginer d’autres possibilités. »
Cette perspective change son regard sur l’avenir. « On peut vite s’enfermer dans notre métier. Savoir qu’il existe d’autres chemins, même si on ne les emprunte jamais, c’est important. »
Un regard plus juste sur soi
Le bilan lui permet aussi de relativiser l’image qu’elle se faisait du salariat. « J’ai réalisé que le monde salarié n’était pas parfait non plus. La liberté d’organisation que nous avons comme agriculteurs est un vrai atout. On le sait, mais on oublie parfois de le remettre dans la balance. »
Enfin, elle retient la qualité de la relation construite avec Thierry Combet. « Les échanges étaient toujours très bienveillants. Il avait cette capacité à rassurer et surtout à m’obliger à ralentir, à poser les choses et à construire une feuille de route. Ça m’a permis de retrouver un cap. »
Aujourd’hui, Marie-Blandine Doazan résume volontiers ce que lui a apporté cette démarche : davantage de confiance, une meilleure connaissance d’elle-même et la conviction qu’avant de changer de voie, il est parfois utile de redécouvrir tout ce que l’on a déjà construit.
Nos dernières sorties :
-
FAAN : former les talents qui feront l’agriculture de demain
-
Pierre Goulard, directeur des services opérationnels à la Chambre régionale d’agriculture d’Occitanie : « Le métier de conseiller doit s’élargir à une approche globale »
-
Marie-Blandine Doazan, agricultrice en Haute-Garonne : « Grâce au bilan de compétences, j’ai redécouvert tout ce que j’avais déjà construit. »
-
L’Apecita Occitanie-Toulouse : des solutions RH au plus près des entreprises et des candidats
Devenez un acteur de la filière agricole.
Plus de 1200 offres d'emplois partout en France.