IA au travail : le gouvernement veut passer à la vitesse supérieure
L’intelligence artificielle s’installe dans les entreprises, mais tout le monde n’avance pas au même rythme. Entre salariés déjà utilisateurs, TPE-PME qui cherchent encore comment s’en saisir et actifs qui n’ont jamais été formés, les écarts restent importants. Pour tenter de les réduire, le ministère du Travail vient de présenter « Impulsion IA 2027 », un plan de douze mesures doté de plus de 80 millions d’euros. Objectif affiché : acculturer et former plus de 30 millions de personnes.
L’usage de l’IA dans les entreprises françaises a été multiplié par trois entre 2023 et 2025. Pourtant, seuls 21 % des salariés ont bénéficié d’une formation à l’intelligence artificielle dans un cadre professionnel. C’est sur ce décalage que le gouvernement veut agir.
Former, du CFA jusqu’à la recherche d’emploi
Premier chantier : la formation. Une plateforme publique baptisée « Explore IA », gratuite et accessible à tous, doit proposer des parcours pour découvrir les outils d’intelligence artificielle, leurs usages mais aussi leurs limites. Les CFA disposeront également de parcours consacrés à l’IA générative et de nouveaux soutiens financiers pour développer ces compétences auprès des apprentis.
Pour les actifs, une certification nationale d’État, élaborée avec l’Afpa et l’ANSSI, doit permettre de faire reconnaître les compétences acquises en matière d’IA. Le sujet doit également prendre davantage de place dans le CPF, avec des possibilités élargies de cofinancement des formations. Les demandeurs d’emploi ne sont pas oubliés : France Travail devra leur proposer un parcours adapté pour apprendre à utiliser ces outils, y compris dans leur recherche d’emploi.
Les TPE-PME dans le viseur
Reste une difficulté : toutes les entreprises ne disposent pas des mêmes moyens pour expérimenter ces nouveaux outils. Le plan prévoit donc un accompagnement spécifique des TPE-PME afin de les aider à identifier les usages qui peuvent réellement leur être utiles, mais aussi à mesurer leurs conséquences sur les métiers, les compétences, les ressources humaines et l’organisation du travail. Les 408 Task Force Entreprises animées par France Travail doivent notamment être mobilisées sur le terrain.
Car derrière la question des outils se dessine surtout celle du travail de demain. Un Observatoire de l’impact de l’IA sur le monde du travail doit ainsi être créé pour suivre ses effets réels sur les tâches, les métiers, l’emploi et les conditions de travail.
Le gouvernement veut enfin faire de l’IA un sujet de dialogue social dans les entreprises et les branches professionnelles. Des EDEC (Engagements de Développement de l’Emploi et des Compétences) consacrés à l’intelligence artificielle doivent notamment aider les différents secteurs à anticiper l’évolution de leurs métiers et de leurs besoins en compétences.
Une chose se dessine en tout cas : savoir utiliser l’IA devrait progressivement devenir une compétence professionnelle comme une autre. Reste désormais à éviter qu’une partie des salariés et des entreprises ne reste à l’écart de cette transformation.
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