Entretien de parcours professionnel : le cap des quatre ans se généralise
Depuis un an, l’entretien professionnel a changé de nom, mais surtout de philosophie. Devenu « entretien de parcours professionnel », il doit permettre de parler plus largement de l’avenir du salarié dans l’entreprise : compétences, formation, évolution, mobilité ou encore reconversion. Depuis le 1er octobre 2026, une nouvelle étape est franchie avec l’application du nouveau rythme aux entreprises et branches qui disposaient encore de leurs propres règles.
Tous les deux ans, il fallait penser à organiser l’entretien professionnel. Désormais, les employeurs vont pouvoir souffler un peu : le rendez-vous est prévu tous les quatre ans. Le bilan récapitulatif du parcours du salarié passe, lui, de six à huit ans.
Pour les salariés recrutés depuis la réforme, un premier entretien doit toutefois être organisé au cours de la première année suivant l’embauche. Le premier bilan peut ensuite intervenir sept ans après ce rendez-vous.
Parler de la suite, pas évaluer le travail accompli
Mais derrière ce changement de calendrier, c’est surtout l’esprit de l’entretien qui évolue. L’idée n’est toujours pas d’évaluer les performances du salarié — ce n’est pas un entretien annuel déguisé — mais de prendre le temps de regarder un peu plus loin.
Quelles compétences a-t-il développées ? Comment son métier risque-t-il d’évoluer ? A-t-il besoin de se former ? Envisage-t-il une mobilité, une VAE ou même une reconversion ? L’entretien doit permettre d’aborder ces questions et, si besoin, d’identifier les moyens de concrétiser un projet.
La réforme prévoit aussi des rendez-vous à certains moments clés de la carrière. Un entretien doit notamment être organisé autour de la visite médicale de mi-carrière pour évoquer l’adaptation du poste, la prévention de l’usure professionnelle ou les perspectives d’évolution. Un autre est prévu dans les deux années qui précèdent le 60e anniversaire, cette fois pour anticiper la suite et éventuellement parler aménagement de fin de carrière ou retraite progressive.
Le 1er octobre marque une nouvelle étape
Jusqu’ici, certaines entreprises ou branches pouvaient encore appliquer une périodicité différente, prévue par un accord antérieur à la réforme. Depuis le 1er octobre 2026, ces anciennes dispositions ne peuvent plus conduire à espacer les entretiens de plus de quatre ans. Un accord peut toujours prévoir des rendez-vous plus fréquents, mais pas aller au-delà de cette durée.
Pour les services RH, le changement est donc aussi très concret : il faut vérifier les dates des prochains entretiens, adapter les trames utilisées et revoir, si nécessaire, le suivi des salariés. Avec, derrière ce nouveau calendrier, un objectif assez simple : faire de ce rendez-vous autre chose qu’une case à cocher et en profiter pour parler réellement de la suite du parcours professionnel.
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