En Île-de-France, l’agriculture porte l’essor de la méthanisation
Les unités agricoles représentent 69 % des installations franciliennes de méthanisation. Le bilan publié par l’AREC montre le poids des grandes cultures dans leur approvisionnement, mais aussi un ralentissement des mises en service.
Sur les 43 unités de méthanisation supplémentaires recensées en Île-de-France entre 2020 et 2025, 34 sont agricoles. Les agriculteurs ont ainsi largement porté le développement de cette filière, devenue la première source de gaz renouvelable du territoire, selon les chiffres publiés le 5 octobre par l’Agence régionale énergie-climat (AREC).
Au 1er janvier 2026, la région compte 74 installations en fonctionnement. Près des deux tiers sont implantés en Seine-et-Marne. Cette répartition traduit un ancrage agricole qui se retrouve dans les matières utilisées pour alimenter les méthaniseurs.
Les grandes cultures au premier plan
En 2024, les installations hors stations d’épuration ont traité un peu plus d’un million de tonnes de matières brutes. Sur les 57 sites étudiés pour leur approvisionnement, les cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE) représentent 42 % des tonnages, devant les pulpes de betteraves (24 %). Les effluents d’élevage n’en constituent que 5 %.
Les sous-produits des industries agroalimentaires apportent, de leur côté, 12 % des matières. L’approvisionnement reflète donc les caractéristiques de l’agriculture francilienne, où les grandes cultures occupent une place importante.
La valorisation agricole intervient également à la sortie des installations. Parmi les unités hors stations d’épuration ayant renseigné leurs pratiques, 51 épandent tout ou partie du digestat, le résidu de la méthanisation. Les 49 sites ayant précisé les quantités déclarent près de 876 000 tonnes épandues.
L’injection domine, les nouveaux projets ralentissent
Le développement récent privilégie très largement l’injection de biométhane dans les réseaux de gaz : 42 des 43 unités supplémentaires entre 2020 et 2025 ont retenu ce mode de valorisation. En 2024, la production injectée atteint 982 GWh, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 163 700 logements neufs, selon les hypothèses de l’AREC.
Le rythme des mises en service ralentit toutefois : sept nouvelles unités sont recensées en 2024, puis trois en 2025. L’agence replace cette évolution dans un contexte de modification du cadre économique et des soutiens à la filière.
L’enquête apporte enfin un repère sur l’emploi : sur 60 sites hors stations d’épuration, les exploitants déclarent en moyenne 1,8 emploi par unité.
Nos dernières sorties :
-
Recruter en agriculture : donner envie de venir… et des raisons de rester
-
Devenir ingénieur agroalimentaire : le Cnam mise sur la formation à distance et à la carte
-
Apprentissage dans le supérieur : un premier recul, surtout dans les formations courtes
-
Agro4futur : une porte d’entrée vers les métiers de l’agroéquipement
Devenez un acteur de la filière agricole.
Plus de 1200 offres d'emplois partout en France.