Devenir ingénieur agroalimentaire : le Cnam mise sur la formation à distance et à la carte
Reprendre des études ou entamer un parcours de reconversion pour devenir ingénieur sans quitter son emploi ? C’est précisément le principe du diplôme d’ingénieur en agroalimentaire proposé par le Cnam. Accessible à partir d’un bac+2 scientifique ou technique, le cursus se déroule très majoritairement à distance et s’adapte au rythme de chacun. Une voie encore assez méconnue, notamment pour les techniciens qui souhaitent évoluer vers des fonctions d’ingénieur.
Quand on pense formation d’ingénieur, on imagine assez spontanément trois années d’études à temps plein dans une école. Le Cnam propose une autre voie. Son diplôme d’ingénieur spécialité Agroalimentaire s’adresse en priorité à des professionnels déjà en activité qui souhaitent poursuivre leur évolution sans mettre leur carrière entre parenthèses.
« C’est une formation continue, hors temps de travail, qui est faite pour des gens qui sont en emploi » résume Cécile Courtois, responsable opérationnelle de la formation. Parmi les profils accueillis, beaucoup sont des techniciens qui veulent accéder à davantage de responsabilités, mais aussi des professionnels qui exercent déjà des missions d’ingénieur sans en avoir le diplôme.
Plus de 90 % de la formation à distance
Pour rendre ce retour aux études compatible avec une vie professionnelle, l’organisation a été pensée en conséquence. Sur le papier, le cursus représente 180 crédits ECTS répartis sur six semestres. Dans les faits, les auditeurs – c’est ainsi que le Cnam désigne ses apprenants– prennent généralement davantage de temps. « Globalement, pour valider le diplôme, on est plutôt sur cinq ans. On ne peut pas surcharger des gens qui travaillent » explique Cécile Courtois.
Plus de 90 % de la formation peut ainsi être suivie à distance. Les cours sont disponibles sur une plateforme numérique et chacun peut visionner les vidéos, travailler les contenus ou réaliser ses exercices lorsqu’il est disponible. Les regroupements sont, eux, organisés en soirée, généralement entre 18 h et 21 h, ou le samedi.
Tout ne se fait cependant pas derrière un écran. Des travaux pratiques sont obligatoires à Paris, sous forme de semaines bloquées. Il faut ainsi prévoir plusieurs périodes en présentiel au cours du cursus.
Une organisation qui demande donc de l’autonomie, mais laisse une vraie marge de manœuvre. Les unités d’enseignement (UE) sont acquises à la carte et doivent toutes être validées.
Un parcours construit en fonction de ce que l’on sait déjà
Autre particularité : tous les auditeurs ne suivent pas nécessairement exactement le même chemin. Pour intégrer le cursus ingénieur, il faut disposer au minimum d’un bac+2 dans l’agroalimentaire ou dans une discipline scientifique ou technique proche.
Mais beaucoup arrivent avec un bagage plus important : licence, master, ingénieur voire diplôme obtenu à l’étranger. Dans ce cas, le Cnam étudie le parcours déjà réalisé afin d’éviter de refaire des enseignements dont les compétences sont déjà acquises.
La validation des études supérieures (VES) peut ainsi conduire à reconnaître plusieurs UE. « La grande majorité des auditeurs valide plusieurs UE par la VES. Cette procédure permet d’élaborer un plan de formation individualisé » explique Cécile Courtois.
À la carte ne signifie toutefois pas avancer seul dans son coin. Cécile Courtois suit personnellement les auditeurs et garde un œil sur leur progression, quitte à les relancer lorsque le rythme faiblit. « Quand il y en a qui ont un petit coup de mou, on leur dit : “Sur ce semestre, prenez une seule UE, mais ne lâchez pas complètement”, parce qu’après, ils auraient du mal à revenir. […] Je peux avoir un suivi très poussé : je les connais tous. »
Le cursus reste néanmoins solide sur les fondamentaux du métier : microbiologie et sécurité sanitaire, formulation des aliments, génie des bioprocédés, qualité, technologies des agro-industries, mais aussi communication, anglais ou encore prise en compte des transitions écologiques. À la sortie, les diplômés peuvent notamment évoluer en production, qualité, recherche et développement, conseil ou formation.
Trois ans d’expérience professionnelle pour décrocher le diplôme
Suivre les cours et réussir les examens ne suffit pas pour obtenir le titre. La dimension professionnelle occupe une place importante dans le dispositif.
Les auditeurs doivent justifier, avant la fin de leur cursus, de trois années d’expérience professionnelle (emploi ou stage). Les six derniers mois doivent correspondre à des missions de niveau ingénieur et donner lieu à un projet qui servira de support au mémoire de fin d’études. Le diplôme nécessite également de valider l’ensemble des UE, le mémoire et sa soutenance ainsi qu’un niveau B2 en anglais.
Cette exigence n’empêche pas une personne qui vient d’obtenir son bac+2 d’entrer dans le parcours. Elle peut commencer à travailler en parallèle et acquérir progressivement l’expérience nécessaire. C’est même l’une des logiques de la formation : faire évoluer, au fil du cursus, les missions exercées en entreprise.
Monter progressivement jusqu’au diplôme d’ingénieur
Et le bac+2 n’est pas forcément le point de départ. Pour ceux qui ne disposent que du bac, le Cnam propose un parcours progressif : commencer par un diplôme de technicien de laboratoire de niveau bac+2, poursuivre vers une licence, puis rejoindre le cursus ingénieur. Les parcours sont imbriqués.
Une possibilité qui résume assez bien l’esprit du dispositif : ne pas obliger un professionnel à choisir entre travailler et reprendre des études, mais lui laisser le temps de construire son parcours. Avec, au bout, le titre d’ingénieur du Cnam en agroalimentaire, accrédité par la Commission des titres d’ingénieur et inscrit au RNCP.
Côté financement, plusieurs possibilités existent selon la situation de chacun. La formation peut notamment être prise en charge par l’employeur ou par France Travail. Certains blocs de compétences sont également éligibles au CPF. Les tarifs et les modalités d’inscription varient toutefois selon les centres Cnam.
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