Double cursus ENS–ENV : une voie d’excellence à consolider 

Former des chercheurs vétérinaires capables d’évoluer au plus haut niveau scientifique : tel est l’objectif du double cursus Écoles normales supérieures (ENS)Écoles nationales vétérinaires (ENV). Dix ans après sa création, ce dispositif sélectif fait l’objet d’une évaluation approfondie dans un rapport du CGAAER remis en novembre 2025, qui en confirme la pertinence tout en pointant plusieurs fragilités à corriger. 

Mise en place à partir de la session 2015 du concours commun d’accès aux ENV, la voie ENS conduit à un double diplôme – doctorat en sciences et diplôme d’État de docteur vétérinaire – et s’accompagne, pour la majorité des étudiants, du statut de fonctionnaire stagiaire.  

Cette voie est ouverte aux élèves qui ont été admis simultanément à chacun des concours ENS et ENV. La réussite au concours de l’ENS leur permet d’intégrer l’ENS de Lyon ou de Paris-Saclay en première année, sous le statut de fonctionnaire stagiaire, année au cours de laquelle ils réalisent une licence L3. L’admission en liste principale aux ENV par la voie Biologie, chimie, physique et sciences de la terre (BCPST) leur permet de s’inscrire l’année suivante (pendant l’année L3) au concours de la voie « ENS » pour intégrer l’ENV d’Alfort ou de Lyon. 

Des profils rares, très recherchés 

Sur la base d’un nombre encore très restreint de diplômés – seuls sept ont achevé l’intégralité du parcours –, la mission observe des résultats jugés très satisfaisants. En matière de débouchés professionnels, la majorité des diplômés s’orientent vers la recherche ou l’enseignement supérieur. Au moment de la mission, deux étudiants avaient choisi de se réorienter vers d’autres voies avant d’effectuer la thèse de sciences, l’un vers la pratique de la clinique vétérinaire, l’autre vers la voie ISPV (inspecteur de santé publique vétérinaire). Les employeurs et directeurs de thèse auditionnés décrivent quant à eux des profils rares, alliant haut niveau de connaissances, maturité et fortes capacités d’interdisciplinarité. 

Le rapport souligne néanmoins des carences dans la définition initiale des objectifs et des fragilités juridiques, notamment des non-conformités au référentiel européen de formation vétérinaire. Le CGAAER recommande donc de maintenir le double cursus tout en le sécurisant : clarification des attentes de l’État, maintien d’un parcours unique intégrant l’ensemble des cinq années vétérinaires, élargissement à toutes les ENV et meilleure valorisation des débouchés professionnels, au-delà de la seule recherche fondamentale. 

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