Travaux agricoles, ruraux et forestiers : un secteur qui recrute malgré une conjoncture sous tension
À l’occasion de sa conférence de presse du 2 décembre, la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires (FNEDT) a dressé un état des lieux contrasté de l’activité des entreprises de travaux agricoles, ruraux et forestiers (ETARF). Le secteur continue de créer de l’emploi, notamment en CDI, mais reste fragilisé par une conjoncture économique peu favorable.
Selon les données présentées, le nombre d’entreprises de travaux agricoles a progressé de 8,4 % entre 2020 et 2024, illustrant une dynamique entrepreneuriale soutenue. Cette hausse se traduit directement sur le marché du travail : sur ces cinq années, le nombre total d’ETP augmente de près de 16 %.
SI les contrats saisonniers ont progressé de 46 % en cinq ans, la dynamique reste notable sur l’emploi permanent : les CDI passent de 25 972 à 36 107 sur la période, soit une progression de +39 %. « Les ETARF stabilisent leurs équipes, renforcent leurs compétences et structurent davantage leurs organisations. Cette montée en puissance du salariat permanent illustre la professionnalisation accélérée des entreprises, et la volonté d’investir dans les compétences et les ressources humaines » souligne la FNEDT dans son communiqué de presse.
Les jeunes y trouvent particulièrement leur place : près de quatre salariés sur dix ont moins de 30 ans, signe d’une attractivité croissante auprès d’un public en recherche de métiers techniques. Les entreprises renforcent aussi leurs efforts en matière de formation, notamment par l’apprentissage, dont le nombre de contrats continue d’augmenter (3 720 apprentis en 2024 dont 1 481 nouveaux contrats).
Une conjoncture économique qui assombrit le moral des dirigeants
Cette dynamique de l’emploi contraste avec le moral des chefs d’entreprise, affectés par la dégradation du contexte économique. La moitié d’entre eux estime que leur trésorerie s’est détériorée en 2025 par rapport à 2024. Un quart évoque même une baisse d’activité. La montée des charges – carburant, maintenance des machines, coûts salariaux, assurances – pèse fortement sur la stabilité financière, alors que les marges de manœuvre pour ajuster les tarifs restent limitées.
Face à ces contraintes, certains dirigeants repoussent leurs investissements ou se séparent de matériel. D’autres gèlent des recrutements, malgré des besoins persistants en main-d’œuvre qualifiée. La question de la sécurisation économique devient dès lors centrale pour permettre aux entreprises de maintenir leurs capacités d’embauche.
Pour stabiliser le secteur, la FNEDT appelle à la création d’un observatoire dédié au machinisme agricole afin d’orienter les politiques publiques ou encore d’anticiper les besoins en formation et en compétences.
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