Secteur agri-agro : 3,2 millions d’emplois et des dynamiques contrastées 

Une nouvelle étude du RMT Filarmoni révèle l’ampleur de la contribution des filières agro-alimentaires à l’emploi national, avec des évolutions très différenciées entre secteurs. Si l’emploi agricole continue de reculer, la tertiarisation tire l’ensemble vers le haut. 

En 2022, pas moins de 3,2 millions d’emplois en équivalent temps plein (ETP) dépendaient des principales filières agro-alimentaires françaises en métropole. C’est ce que révèle une étude approfondie menée par le RMT Filarmoni, qui a passé au crible 15 filières, des céréales aux herbivores en passant par les fruits et légumes ou les vins et spiritueux. 

Un poids économique considérable, inégalement réparti 

Ces 3,2 millions d’ETP représentent 11% de l’emploi total en France métropolitaine. Un chiffre qui masque toutefois d’importantes disparités territoriales. Si les emplois agricoles et agroalimentaires ne pèsent que 4% de l’emploi national, certaines zones d’emploi affichent des taux dépassant les 30%. Le Grand Ouest, le Massif central ou encore certains bassins viticoles apparaissent ainsi comme des territoires où l’agroalimentaire constitue un pilier économique majeur. 

La répartition des emplois se situe tout au long de la chaîne de valeur : plus de 500 000 emplois se concentrent dans la production agricole, 471 000 dans la mise en marché, transformation et commerce de gros, tandis que la distribution et la restauration hors domicile (RHD) mobilisent à elles seules plus d’1,5 million de personnes. 

L’emploi agricole continue son déclin 

Entre 2012 et 2022, l’emploi en exploitation agricole (hors externalisation) a reculé de 11,2%. Une baisse qui affecte très inégalement les filières. Les productions animales sont les plus touchées, avec une diminution de 22,6% des ETP, tandis que les productions végétales se maintiennent presque (-1%). 

Les herbivores lait et viande concentrent l’essentiel des pertes, avec 60 000 ETP disparus en dix ans. Les volailles subissent également un recul marqué de 39%, même si cette chute concerne surtout les petits ateliers. À l’inverse, les productions de maraîchage, sous serre et PPAM (plantes à parfum, aromatiques et médicinales) affichent une forte croissance. 

Une lueur d’espoir toutefois : depuis 2015, on observe une relative stabilisation de l’emploi agricole, notamment grâce aux productions végétales. Une première depuis plus d’un siècle et demi. 

La tertiarisation galope 

Pendant que l’emploi agricole recule, les autres maillons de la chaîne explosent. Entre 2012 et 2022, l’emploi dans les secteurs liés aux filières agro-alimentaires a progressé de 11,7% au global. Les fournitures aux exploitations bondissent de 19%, la logistique de près de 97%, et la distribution de 21%. 

Cette tertiarisation s’inscrit dans une dynamique nationale, mais elle s’avère particulièrement marquée dans l’agroalimentaire. Le développement de la restauration rapide et l’explosion des plateformes de livraison à domicile ont considérablement gonflé les effectifs de la RHD et de la logistique, au point de compenser largement les pertes enregistrées à la production. 

Des filières aux profils contrastés 

L’étude met en lumière les spécificités de chaque filière. Les productions laitières ovines et caprines, ainsi que les herbivores viande, conservent une part importante d’emplois à la production (18 à 38%), avec un amont agricole relativement développé. À l’opposé, les filières de granivores (volailles, porcs, œufs) misent sur l’automatisation et les économies d’échelle : l’emploi agricole et l’amont ne représentent que 17% du total, contre près de 60% pour la distribution. 

Les filières vins et spiritueux ou oléoprotéagineux se distinguent par leur forte exposition à l’export ou leur orientation vers des débouchés non alimentaires (alimentation animale, biodiesel), ce qui explique le poids important de l’emploi agricole par rapport à la distribution. 

Des territoires spécialisés mais diversifiés 

Si certaines régions affichent une forte spécialisation – la Champagne et le Bordelais pour la vigne, la Bretagne pour le porc, le Massif central pour les herbivores -, l’étude souligne aussi la diversité des productions à l’échelle régionale. Le Grand Ouest apparaît comme l’un des territoires les plus diversifiés, tandis que d’autres zones se concentrent sur quelques filières phares. 

Cette géographie de l’emploi agroalimentaire rappelle l’importance cruciale de ces activités pour la vitalité des territoires ruraux, souvent confrontés à une faible attractivité économique et à l’érosion démographique. 

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