Fusion Euralis-Maïsadour : le feu vert est donné, sous conditions
Deux géants coopératifs du Sud-Ouest s’apprêtent à ne faire plus qu’un. L’Autorité de la concurrence a donné son accord au projet de fusion entre Euralis et Maïsadour, sous certaines conditions.
Une décision qui arrive après plusieurs mois d’examen. Derrière cette fusion se dessine une réalité que connaissent aujourd’hui beaucoup de coopératives : entre les aléas climatiques, les difficultés économiques et des investissements qui pèsent de plus en plus lourd, se regrouper devient presque une évidence.
Le projet ne date pas d’hier. Annoncé en 2025, il ne s’agit pas de grossir pour grossir, insistent les deux groupes. L’idée, c’est plutôt de se donner les moyens de tenir sur la durée, d’accompagner leurs agriculteurs et de continuer à investir dans les filières agricoles et agroalimentaires. Les deux coopératives estiment que leurs métiers et leurs implantations sont davantage complémentaires que concurrents.
Un accord, mais pas un blanc-seing
L’opération n’a toutefois pas été validée sans réserve. L’Autorité de la concurrence a estimé que la fusion pouvait réduire la concurrence sur certains marchés dans le Sud-Ouest, notamment pour la collecte des céréales, la nutrition animale et la filière palmipèdes gras.
D’où une série d’engagements imposés à la future coopérative. Elle devra notamment céder douze sites de collecte, mais aussi Canadour, spécialisée dans la production de canards gras, ainsi que la marque Sarrade, bien connue dans la restauration hors domicile. L’usine d’aliments pour animaux de Pomarez, dans les Landes, sera également vendue. Et les producteurs concernés pourront également rejoindre plus facilement une coopérative concurrente.
La balle est maintenant dans le camp des adhérents
Ce feu vert n’est qu’une étape, pas un point final. Reste maintenant à convaincre les principaux concernés : les adhérents d’Euralis et de Maïsadour, qui devront voter pour valider – ou non – ce rapprochement.
S’ils donnent leur feu vert, une nouvelle coopérative verra le jour. Elle réunira près de 14 000 agriculteurs coopérateurs et pèsera 3,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Les activités des deux groupes se complètent, des grandes cultures aux semences, en passant par les productions animales et l’agroalimentaire.
En réunissant leurs forces, Euralis et Maïsadour espèrent surtout disposer de davantage de marges de manœuvre pour poursuivre leurs investissements et accompagner leurs adhérents dans les transformations qui touchent aujourd’hui l’agriculture.
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