Filles et sciences : on brise les stéréotypes en Auvergne-Rhône-Alpes
Dans l’Allier, un projet régional original a mobilisé plus de 750 jeunes et 58 intervenantes pour encourager les lycéennes à s’orienter vers les filières scientifiques et techniques. Portée par un consortium réunissant l’Anefa, l’Apecita, l’Inrae et la DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes, cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’appel à projets régional « Les filles en sciences ? Évidemment ! ».
L’objectif : lutter contre les stéréotypes de genre qui influencent encore fortement les choix d’orientation. Le projet a concerné sept établissements scolaires situés à Moulins, Montluçon, Cusset et Yzeure, avec des élèves de seconde principalement, mais aussi des collégiens de 3e et des lycéens de première.
Un “World Café” pour faire découvrir des parcours inspirants
Le dispositif reposait sur un format participatif de type “World Café”. Dans chaque établissement, les élèves ont participé à des rotations de vingt minutes autour de six à huit îlots animés par des binômes composés de professionnelles ou d’une professionnelle et d’une étudiante.
« Au total, nous avons réuni 58 femmes aux profils variés qui ont partagé leur parcours et leur expérience dans les domaines scientifiques, techniques ou agricoles, détaille Aldine Lepercq, conseillère RH à l’Apecita Auvergne-Rhône-Alpes. Agricultrices, physiciennes, bioinformaticiennes, techniciennes forestières de l’ONF, ingénieures, inséminatrices ou encore professionnelles de la recherche et de l’agroalimentaire. »
En amont, les enseignants avaient préparé les jeunes grâce à un kit pédagogique comprenant quiz, questionnaires et pistes de réflexion autour des femmes scientifiques et des métiers techniques. Après les premières séances, les organisateurs ont également mis à disposition des listes de questions pour faciliter les échanges entre élèves et intervenantes.
Cette approche immersive a permis aux élèves d’échanger directement avec des professionnelles et de découvrir des métiers souvent éloignés des représentations habituelles.
Faire évoluer les représentations
À l’issue des ateliers, les élèves ont rempli des questionnaires de satisfaction ainsi qu’un document personnel leur permettant de retenir les rencontres les plus marquantes et de poursuivre les échanges à la maison avec leurs familles.
Les retours montrent une forte adhésion des jeunes, particulièrement sensibles aux témoignages directs et aux parcours incarnés. Le projet a également mis en lumière les différences de perception entre filles et garçons.
« L’enjeu n’est pas seulement de toucher les filles, mais aussi de faire évoluer les mentalités chez les garçons et les enseignants », souligne une professionnelle intervenue au lycée Paul-Constans. Même constat du côté des équipes pédagogiques : « On note une légère évolution, mais le chemin est encore long », reconnaît un enseignant du lycée Madame-de-Staël à Montluçon.
« Bien que l’opération s’adressait à tous les élèves, les filles se sont montrées globalement plus réceptives au dispositif » note cependant Aldine Lepercq.
Pour les organisateurs, cette première édition confirme l’intérêt de multiplier ce type d’actions de terrain afin de favoriser une orientation plus ouverte et moins conditionnée par les stéréotypes de genre.
Source : DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes
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