Commerce extérieur : le déficit agroalimentaire se réduit, mais les exportations restent fragiles
Le commerce extérieur agricole et agroalimentaire français reste dans le rouge. En mai 2026, le déficit s’élève à 308 millions d’euros. C’est mieux qu’un an plus tôt (-449 millions d’euros), mais il ne faut pas s’y tromper : cette amélioration ne doit rien à un rebond des exportations françaises. Elle tient avant tout à une baisse des importations, notamment de produits agricoles bruts.
Un chiffre à retenir : c’est le deuxième mois de mai déficitaire depuis plus de vingt-cinq ans, après celui de 2025. Jusqu’ici, cette période de l’année dégageait plutôt un excédent commercial.
Moins d’importations de produits bruts, moins de déficit
L’évolution la plus marquante concerne les produits agricoles bruts, dont le déficit passe de 307 à 182 millions d’euros en un an.
Cette amélioration tient surtout au recul des importations d’oléoprotéagineux (-121 millions d’euros) et de café, cacao et thé (-94 millions d’euros) en provenance de pays tiers – des achats également tirés vers le bas par la baisse des cours mondiaux de ces matières premières. Au total, les importations de produits bruts reculent de 11 % sur un an.
Les exportations, elles, ne repartent pas. Elles diminuent de 5 % pour les produits bruts, avec un recul marqué sur les animaux vivants et les céréales vendues à l’Union européenne. Quelques bonnes nouvelles émergent tout de même vers les pays tiers, comme l’orge vendue à la Chine ou le blé écoulé au Maroc et en Égypte.
Des exportations toujours en berne
Plus largement, les exportations agricoles et agroalimentaires françaises reculent de 8 % en mai, soit 551 millions d’euros de moins. Mais les importations chutent encore davantage (-9 %), ce qui explique mécaniquement la réduction du déficit.
Le commerce avec les pays tiers renoue avec un excédent de 151 millions d’euros, porté par le repli des importations. À l’inverse, les échanges avec les partenaires européens se détériorent : le déficit vis-à-vis de l’Union européenne atteint 460 millions d’euros, contre 392 millions un an plus tôt.
Boissons et viandes pénalisent les produits transformés
Le déficit des produits transformés s’établit à 126 millions d’euros, contre 142 millions un an auparavant. Là aussi, c’est la baisse des importations – notamment de produits laitiers et de produits à base de cacao – qui améliore le solde.
Côté exportations, plusieurs filières marquent le pas. Les ventes de boissons reculent de 95 millions d’euros, en particulier les vins et mousseux destinés aux États-Unis. Les exportations de viandes bovines et porcines diminuent également, surtout vers l’Italie. Malgré ce repli, les boissons restent le premier poste excédentaire du commerce agroalimentaire français.
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