De la Chambre d’agriculture aux Entrepreneurs des Territoires : le parcours de Mathilde Clément

Après plus de douze années passées à la Chambre d’agriculture Nord-Pas-de-Calais, Mathilde Clément s’apprête à rejoindre la Fédération régionale des Entrepreneurs des Territoires Hauts-de-France comme déléguée régionale. Un virage professionnel mûrement réfléchi, accompagné par Bertrand Delesalle et l’Apecita, qui illustre le parcours d’une femme attachée au monde agricole, à l’action de terrain et à la conduite de projets utiles.

Quand elle quitte Sciences Po Rennes avec une spécialisation en gestion de projet, Mathilde Clément ne sait pas encore précisément quelle direction donner à sa carrière. « La formation est assez générale, je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire », raconte-t-elle aujourd’hui.

Même si elle aurait tout aussi bien pu s’orienter vers un autre secteur d’activité, son choix s’est porté sur le secteur agricole, un domaine dont elle partageait les valeurs. D’abord parce qu’elle y a effectué plusieurs stages pendant ses études, ensuite parce qu’elle en est issue. « Mon père était agriculteur, donc c’est un univers que je connaissais déjà. »

En 2013, elle rejoint ainsi la Chambre d’agriculture Nord-Pas-de-Calais, où elle avait déjà effectué un stage, au poste de chargée de développement territorial.

À la Chambre d’agriculture, un métier de coordination et de terrain

Sa mission consiste alors à faire le lien entre les collectivités locales, les agriculteurs et les équipes techniques de la Chambre d’agriculture. Un poste transversal, au cœur des enjeux agricoles locaux. « L’idée, c’était d’assurer la représentation des intérêts des agriculteurs auprès des collectivités et de coordonner les projets liés à l’agriculture », explique-t-elle.

Au quotidien, les sujets sont multiples : restauration hors domicile, méthanisation, installation et transmission, circuits courts, matières organiques, changements de pratiques agricoles… « Il n’y a pas vraiment de semaine type », sourit-elle. Réunions avec les élus, animation de groupes d’agriculteurs, échanges avec les conseillers spécialisés, suivi de programmes annuels ou encore veille sur les innovations et expériences menées ailleurs rythment ses journées.

Parmi ses missions, elle anime également un GEDA (Groupement d’études et de développement agricole), véritable relais local entre agriculteurs et collectivités. « Ces agriculteurs nous permettaient de prendre le pouls du territoire, de comprendre les besoins et les réalités du terrain. »

Ce qu’elle apprécie particulièrement dans cette fonction, c’est la diversité des interlocuteurs et des sujets.

Une double vie professionnelle qui fait évoluer son regard

Au fil des années, Mathilde Clément devient elle-même agricultrice avec son conjoint. Ensemble, ils exploitent une ferme en grandes cultures qu’ils diversifient en cultures et en activités : céréales, betteraves, colza, pois, chicorées, maïs doux…

Cette expérience de terrain modifie progressivement sa perception de certains dossiers. « Depuis que je suis agricultrice, je vois parfois certaines demandes différemment. Certaines attentes peuvent être éloignées des réalités du terrain. »

Sans remettre en cause son engagement, cette double activité nourrit chez elle une nouvelle aspiration : celle d’un travail plus concret, plus réactif, avec des résultats visibles rapidement.

« J’avais envie de changement. Je ne voulais plus être engagée dans des projets qui durent cinq ou sept ans. Je recherchais quelque chose de plus opérationnel, avec des réponses rapides et des actions concrètes. »

L’Apecita, un fil rouge dans sa réflexion professionnelle

Dans cette phase de réflexion, Apecita réapparaît naturellement dans son parcours. Une structure qu’elle connaît depuis longtemps. « Je consultais déjà les offres de l’Apecita à la sortie de l’école », se souvient-elle. Et régulièrement, au fil de sa carrière, elle reprend contact avec l’association lorsqu’elle s’interroge sur son avenir professionnel.

C’est finalement fin 2024 que sa réflexion prend une nouvelle ampleur. Elle échange alors plus régulièrement avec Bertrand Delesalle, délégué régional de l’Apecita Hauts-de-France. « Je ne savais pas exactement ce que je voulais faire. Bertrand m’a proposé de réaliser le test Talents pour m’aider à clarifier les choses. »

Le résultat agit comme un révélateur. « Ça a mis des mots sur des traits de personnalité et des envies que je ressentais déjà sans forcément les formaliser. » Le test confirme notamment son goût marqué pour l’organisation, la gestion et les responsabilités.

Six mois de réflexion pour redessiner l’avenir

À cette période, Mathilde Clément multiplie les pistes et les réflexions. En parallèle de son activité professionnelle et de la ferme, elle finalise également un diplôme de psychologue du travail obtenu au CNAM. « Je me demandais comment réunir mes dix années d’expérience agricole, mon activité d’agricultrice et ce diplôme de psychologie du travail dans un seul projet professionnel. »

Avec l’accompagnement de l’Apecita, plusieurs scénarios émergent : développer une activité d’accompagnement ou de coaching, valoriser le bâti agricole de la ferme ou encore construire un nouveau projet dans le secteur agricole. « Bertrand m’a laissé du temps pour réfléchir, il m’a proposé de faire de la veille, de rencontrer des personnes de son réseau, de réaliser des enquêtes métiers… »

Une opportunité décisive avec les Entrepreneurs des Territoires

C’est au cours de ces échanges que Bertrand Delesalle lui parle d’une opportunité d’animatrice à la Fédération régionale Entrepreneurs des Territoires Hauts-de-France, affiliée à la FNEDT.

Une première candidature n’aboutit pas immédiatement. « On m’avait dit que l’offre ne correspondait pas entièrement à mes besoins du moment » raconte-t-elle.

Mais quelques mois plus tard, le téléphone sonne à nouveau. La déléguée régionale en poste souhaite quitter ses fonctions et reprend contact avec elle. Cette fois, l’opportunité est la bonne. À partir de mi-juin, Mathilde Clément prendra donc les rênes de la délégation régionale Hauts-de-France.

Ce nouveau poste coche précisément les attentes qu’elle s’était fixées. « Je recherchais davantage de responsabilités et un cadre plus concret, explique-t-elle. Là, les problématiques sont très opérationnelles : il faut apporter des réponses rapides, accompagner les entreprises au quotidien. »

Dans ses futures fonctions, elle travaillera au plus près des entrepreneurs de travaux agricoles sur des sujets de gestion, d’emploi, de droit du travail, de représentation professionnelle et d’animation du réseau régional.

Un environnement très différent de celui qu’elle connaît aujourd’hui, notamment par la taille de la structure. « Je passe d’une organisation de 200 salariés à une équipe de deux personnes », souligne-t-elle.

Mais derrière ce changement de décor, elle retrouve finalement le cœur de son métier : représenter une profession, animer un collectif et surtout faire avancer des projets. « Je change de public et de contexte, mais les missions restent proches : coordination, représentation, animation… Tout ce que j’ai appris pendant douze ans va forcément me servir. »

Nos dernières sorties :

Devenez un acteur de la filière agricole.

Plus de 1200 offres d'emplois partout en France.