COVALO lance une coalition agroécologique dans les Hauts-de-France 

Les Hauts-de-France accueillent la première coalition territoriale du projet national COVALO. L’objectif ? Lever l’un des principaux obstacles qui freine les agriculteurs dans leur transition : le manque de moyens financiers et d’accompagnement technique cohérent. Derrière ce projet, on trouve un collectif d’acteurs variés – agriculteurs, industriels de l’agroalimentaire, banques, organismes publics – qui ont décidé de travailler ensemble pour proposer aux exploitants un cadre clair, sécurisé et viable économiquement. 

La région Hauts-de-France s’imposait comme un terrain d’expérimentation logique. Entre ses cultures intensives et les défis liés au climat, à l’eau et à la dégradation des sols, le territoire cristallise beaucoup d’enjeux. Depuis 2020, l’association Pour une Agriculture du Vivant y a d’ailleurs semé les graines de cette dynamique collective. 

Aujourd’hui, 15 partenaires publics et privés, dont des industriels et des acteurs de la grande distribution, se sont associés pour bâtir un modèle nouveau : une coalition capable de coordonner les investissements, de mutualiser les ressources et de faire converger les intérêts économiques vers des objectifs agroécologiques partagés.

Un accompagnement pensé pour les agriculteurs 

Les exploitants se retrouvent souvent coincés entre des injonctions contradictoires : maintenir leur rentabilité à court terme tout en s’adaptant au changement climatique sur le long terme. Résultat ? Beaucoup manquent de repères concrets pour savoir par où commencer. 

COVALO propose une réponse structurée. Tout démarre par un diagnostic combinant l’Indice de Régénération (IR) et le Label bas carbone. Ce bilan permet de situer l’exploitation et de construire un plan d’actions personnalisé sur trois ans. Ensuite, chaque année, un « technicien agroécologie » – que l’agriculteur choisit lui-même – assure un suivi simplifié pour ajuster les pratiques. Au bout des trois ans, nouvelle évaluation complète. 

Le dispositif s’appuie aussi sur un système de collecte de données sécurisé, conforme aux règles en matière de protection des données et de concurrence. Un point essentiel pour rassurer les agriculteurs et installer la confiance avec les acteurs économiques. 

Un montage financier qui mélange public et privé 

L’autre force de COVALO, c’est son architecture financière, pensée pour rendre la transition vraiment accessible. Plusieurs leviers se complètent. 

Il y a d’abord une prime agroécologique privée, versée par les acteurs des filières (céréales, betteraves, pommes de terre, légumes). Montant minimum garanti : 100 €/ha, accessible dès qu’on atteint un score IR de 40. L’idée est de compenser les surcoûts liés aux changements de pratiques. 

Ensuite, les paiements pour services environnementaux (PSE). L’Agence de l’Eau Artois-Picardie finance notamment le premier PSE régénératif de la région : 7 millions d’euros sur cinq ans pour accompagner 85 agriculteurs. Ce dispositif rémunère les bénéfices environnementaux liés à l’eau – moins d’érosion, moins de phytos, meilleure qualité des sols. 

Enfin, le Crédit Agricole Nord-de-France a créé une offre bancaire spécifique, « Transition+ ». Les performances agroécologiques de l’exploitation (bilan carbone, IR, certification bio…) se traduisent par des avantages financiers : taux préférentiels, meilleures conditions d’assurance, services adaptés. 

Un feu vert européen 

Fait notable : l’Autorité de la concurrence française a donné son feu vert à cette coalition. C’est une première à l’échelle européenne pour ce type de coopération multi-acteurs dans l’agriculture. Ce cadre juridique sécurisé ouvre la voie à la reproduction du modèle ailleurs en France et en Europe. 

Pour les porteurs du projet, l’ambition dépasse les frontières de la région. Les Hauts-de-France doivent servir de territoire démonstrateur, capable de produire des modèles de gouvernance, de financement et d’accompagnement qui pourront être dupliqués. 

1 700 agriculteurs visés d’ici 2028 

La coalition s’est fixé un cap : accompagner 1 700 agriculteurs d’ici quatre ans. L’objectif est triple – environnemental, économique et social. Il s’agit de renforcer la résilience des exploitations, la souveraineté alimentaire des filières et l’attractivité du métier. 

Jérôme Hary, agriculteur engagé dans la démarche, résume bien l’esprit du projet : « Avec COVALO, nous réunissons agriculteurs et industriels autour d’un outil commun, l’Indice de Régénération. Il nous permet de mesurer nos pratiques sur l’ensemble de notre rotation, de mettre en place notre plan de progrès et de bénéficier de primes agroécologiques grâce à la présence des acteurs filières. C’est un projet simple, collectif et motivant pour faire progresser durablement nos fermes. » 

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