Ingénieurs : l’agriculture et l’agroalimentaire font figure d’exception côté mixité

Les femmes restent minoritaires dans les écoles d’ingénieurs. Elles représentent moins de trois étudiants sur dix. Mais ce constat ne vaut pas pour toutes les spécialités. En agriculture et agroalimentaire, la situation est même inversée : près de 60 % des étudiants sont des femmes. C’est l’un des enseignements de la dernière note du ministère de l’Enseignement supérieur consacrée aux effectifs en cycle ingénieur.

À la rentrée 2025, 157 600 étudiants suivent un cycle ingénieur en France. Au total, les effectifs des écoles d’ingénieurs reculent légèrement sur un an (-0,6 %), mais restent supérieurs de 2 % à leur niveau de 2020. Là encore, les évolutions diffèrent selon les spécialités. Les inscriptions progressent notamment dans l’industrie de transformation et de production (+5,6 %) et l’informatique (+2 %), tandis que la mécanique enregistre une baisse marquée (-14,6 %) tout comme l’agriculture et l’agroalimentaire (- 4,2 %).

L’agriculture parmi les formations les plus féminisées

Sur l’ensemble de ces étudiants, 46 100 sont des femmes. Elles représentent 29,3 % des effectifs, une proportion qui bouge peu : elle a même légèrement reculé sur un an et ne gagne que 0,6 point par rapport à 2020.

L’agriculture et l’agroalimentaire se distinguent nettement. Avec environ 60 % de femmes, ces formations font partie des plus féminisées, aux côtés de la chimie, du génie des procédés et des sciences de la vie. À l’inverse, elles ne sont qu’environ 20 % dans l’informatique, l’électronique-électricité ou les services de transports.

Des écarts importants qui montrent que la question de la féminisation des écoles d’ingénieurs se joue aussi beaucoup au moment du choix de la spécialité.

Un étudiant sur cinq est apprenti

Autre tendance qui se confirme : l’apprentissage gagne du terrain. À la rentrée 2025, 32 900 étudiants préparent leur diplôme d’ingénieur sous ce statut. Ils représentent désormais 20,9 % des effectifs, contre 16,5 % cinq ans plus tôt.

La pratique est beaucoup plus répandue dans le privé, où 30,6 % des étudiants sont apprentis, contre 16,4 % dans les écoles publiques. C’est également dans les établissements privés que sa progression a été la plus rapide ces cinq dernières années.

Des voies d’accès qui se diversifient

Dernier enseignement : la prépa reste malgré tout la principale porte d’entrée en première année du cycle ingénieur : 34 % des nouveaux étudiants en sont issus. Elle est suivie de près par les cycles préparatoires intégrés, qui représentent 30,9 % des admissions.

Les BUT, DUT et BTS constituent une autre voie d’accès : 15,3 % des nouveaux entrants possèdent l’un de ces diplômes. Leur arrivée repart à la hausse après quelques années perturbées par la mise en place du bachelor universitaire de technologie (BUT).

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