Ingénieurs agro : La France doit accélérer pour tenir le cap de 2030
Former davantage d’ingénieurs en agronomie et agroalimentaire, sans sacrifier la qualité des cursus ni l’attractivité des écoles : c’est l’équation posée par le rapport conjoint du conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) et de l’Inspection générale de l’éducation, des sports et de la recherche (IGÉSR), rendu en novembre 2025. Son constat est clair : pour répondre aux défis agricoles, alimentaires et climatiques, la France devra à la fois mieux former… et mieux faire connaître ses formations.
Un objectif ambitieux : +30 % d’ingénieurs formés d’ici 2030
La loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture (LOSARGA) fixe un cap précis : augmenter de 30 % le nombre d’ingénieurs agronomes formés d’ici 2030, par rapport à 2017, année où un peu plus de 11 000 ingénieurs avaient été diplômés. Un objectif qui répond à un double impératif : accompagner les transitions du secteur et combler des besoins croissants en compétences.
Car les métiers évoluent rapidement. Agriculture décarbonée, adaptation climatique, transition énergétique, alimentation durable, numérique : les futurs ingénieurs seront attendus sur des terrains de plus en plus complexes. Le rapport souligne d’ailleurs que l’agriculture occupe plus de la moitié du territoire national, ce qui lui confère un rôle majeur dans la préservation des ressources naturelles et de la biodiversité.
Des formations globalement solides, mais des marges de progrès
Bonne nouvelle : les écoles d’ingénieurs agro ont déjà intégré, de manière « globalement proactive », les quatre grandes transitions identifiées par la mission — numérique, énergétique, alimentaire et environnementale. Les auteurs ne relèvent pas de point critique majeur sur le fond des cursus. En revanche, ils pointent des besoins de consolidation, notamment sur les transitions énergétique et alimentaire.
La mission recommande ainsi que chaque étudiant bénéficie, a minima, d’une initiation à l’ensemble de ces enjeux, et que certaines spécialisations soient renforcées, en particulier sur l’énergie et les nouvelles chaînes de valeur agroalimentaires.
Le vrai frein : une attractivité encore trop fragile
Le principal obstacle n’est pas tant la qualité des formations que leur visibilité. Le rapport souligne une faible connaissance des filières agronomie et agroalimentaire chez les lycéens et étudiants. Beaucoup découvrent tardivement ce qu’est réellement un ingénieur agro, alors même que les débouchés sont nombreux et variés — de la production au conseil, en passant par la banque ou l’industrie.
Les auteurs appellent donc à une stratégie d’attractivité plus offensive : meilleure information dès le collège et le lycée, renforcement des liens avec les CPGE BCPST/TB, communication plus structurée des écoles, et simplification des appellations pour rendre l’offre plus lisible.
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