Emploi cadre : un rebond fragile attendu en 2026
Après deux années de repli, le marché de l’emploi cadre pourrait amorcer une timide reprise en 2026. C’est ce que révèle la dernière enquête de l’Apec, qui anticipe une hausse modérée des recrutements, dans un contexte économique encore fragile et fortement dépendant des tensions internationales.
L’année 2025 confirme la tendance baissière amorcée en 2024. Les entreprises ont recruté 294 500 cadres, soit une diminution de 3 % sur un an. Si le recul est moins brutal que l’année précédente, il n’en reste pas moins significatif : le niveau d’embauches demeure inférieur de 11 % au record atteint en 2023.
Cette contraction s’explique en grande partie par une conjoncture économique peu dynamique. La consommation des ménages est restée atone, tout comme l’investissement des entreprises, traditionnel moteur de l’emploi cadre. Résultat : les secteurs clés, comme l’informatique, l’ingénierie-R&D ou le conseil, ont enregistré de nouveaux replis.
2026 : un rebond attendu, porté par l’investissement
Pour 2026, les perspectives s’améliorent légèrement. L’Apec prévoit 305 800 recrutements de cadres, soit une progression de 4 %, permettant de repasser au-dessus du seuil symbolique des 300 000 embauches.
Cette reprise serait principalement tirée par le redémarrage de l’investissement des entreprises, attendu en hausse. Les services à forte valeur ajoutée retrouveraient ainsi des couleurs, avec une croissance des recrutements estimée à +6 %. L’informatique, l’ingénierie-R&D et les activités de conseil devraient notamment jouer un rôle moteur.
L’industrie et la construction participeraient également à cette embellie, avec des hausses respectives de 3 %, signe d’un redressement progressif après une année 2025 difficile.
Des dynamiques territoriales contrastées
La reprise ne serait pas uniforme sur le territoire. Si toutes les régions devraient bénéficier de cette amélioration, certaines tireraient davantage leur épingle du jeu.
L’Île-de-France resterait le principal bassin d’emploi cadre, avec près de la moitié des recrutements, en hausse de 5 %. L’Occitanie se distinguerait particulièrement avec une progression de 6 %, portée notamment par le dynamisme de l’aéronautique. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur, après deux années de recul, renouerait également avec la croissance (+4 %), sans toutefois retrouver ses niveaux antérieurs.
Des profils toujours très ciblés
En 2026, la demande des entreprises resterait concentrée sur certains profils clés. Les cadres informaticiens demeurent les plus recherchés, suivis par les profils en études-R&D et les fonctions commerciales.
Cette orientation traduit les grandes transformations à l’œuvre dans l’économie : digitalisation, développement de l’intelligence artificielle, enjeux de cybersécurité, mais aussi nécessité pour les entreprises de soutenir leur croissance dans un contexte concurrentiel.
Les jeunes cadres encore pénalisés
Malgré la reprise attendue, les jeunes cadres devraient continuer à pâtir d’un marché du travail prudent. Les recrutements de profils ayant moins de six ans d’expérience ne progresseraient que très légèrement (+1 %) et resteraient nettement en dessous des niveaux de 2023.
Dans un environnement incertain, les entreprises privilégient en effet des profils plus expérimentés, capables d’être rapidement opérationnels.
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