Égalité filles-garçons : l’enseignement agricole accélère sa transformation

Face au renouvellement générationnel massif qui attend le monde agricole dans la prochaine décennie, la question de l’égalité entre les femmes et les hommes s’impose comme un levier stratégique. Plus d’un tiers des exploitants partiront à la retraite d’ici dix ans : une opportunité autant qu’un défi pour un secteur encore marqué par des stéréotypes de genre persistants.

C’est dans ce contexte que la Direction générale de l’enseignement et de la recherche (DGER) déploie une feuille de route pour la période 2026-2030, dédiée à l’égalité entre les filles et les garçons dans l’enseignement agricole. Ce plan s’inscrit dans la continuité du programme ministériel lancé en février 2026 pour renforcer la place des femmes en agriculture, et répond à un enjeu désormais reconnu au plus haut niveau de l’État.

Un secteur encore freiné par les stéréotypes

Malgré les évolutions sociétales, l’agriculture reste souvent perçue comme un univers masculin. Ces représentations influencent fortement les choix d’orientation et limitent l’accès des jeunes, notamment des filles, à certaines filières ou métiers.

Dans les établissements d’enseignement agricole, cette réalité se traduit par des déséquilibres persistants selon les spécialités. Certaines formations restent très féminisées (services, soins aux animaux), tandis que d’autres, comme les productions agricoles ou les agroéquipements, peinent à attirer un public mixte.

Une feuille de route structurée autour de 4 axes

Pour répondre à ces enjeux, la DGER propose une stratégie globale articulée autour de quatre axes majeurs, déclinés en 15 mesures et 44 actions concrètes.

1. Faire évoluer les représentations et l’orientation. L’objectif est clair : déconstruire les idées reçues dès le plus jeune âge. Cela passe par une meilleure information sur la diversité des métiers agricoles, la valorisation de parcours féminins inspirants et une orientation plus ouverte, affranchie des stéréotypes.

2. Créer des espaces favorisant l’émancipation. Les établissements sont encouragés à développer des environnements propices à l’expression et à la confiance en soi. Ateliers, temps d’échanges, projets collectifs : autant d’outils pour permettre aux élèves de construire librement leur projet professionnel.

3. Accompagner les acteurs de la formation. Enseignants, équipes éducatives, personnels d’encadrement : tous sont concernés. La feuille de route prévoit des actions de formation et de sensibilisation pour faire évoluer les pratiques pédagogiques et les modèles de représentation.

4. Dépasser les stéréotypes au service des transitions agricoles. Au-delà de l’enjeu sociétal, l’égalité est présentée comme un facteur clé d’innovation et de résilience. En diversifiant les profils, le secteur agricole se donne les moyens de réussir ses transitions économiques, environnementales et sociales.

Une mobilisation collective

La mise en œuvre de cette feuille de route repose sur une organisation structurée. Elle sera pilotée par le Bureau de l’Action Éducative et de la Vie Scolaire, en lien avec le réseau national « Égalité, Diversité et Lutte contre les Violences et les Discriminations ». Ce réseau, composé d’une animatrice nationale et de chargés de mission en région, jouera un rôle central dans l’animation et le suivi des actions.

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