Bien-être au travail : place à l’optimisation plutôt qu’à l’accumulation

Ces dernières années, les entreprises ont massivement investi dans le bien-être de leurs salariés. Mais la donne a changé : avec des coûts qui grimpent, il ne s’agit plus d’empiler les dispositifs. Place désormais à un vrai travail de tri, pour identifier ce qui marche, ce que les salariés utilisent réellement, et où concentrer les ressources. C’est ce que révèle le Baromètre Bien-être 2026 de WTW.

La tendance est claire. 83 % des employeurs interrogés comptent faire évoluer leurs programmes, mais seuls 12 % jugent nécessaire une refonte complète. L’enjeu n’est donc pas de tout reconstruire, mais de mieux exploiter l’existant.

Les coûts, sans surprise, pèsent lourd dans la balance. 61 % des employeurs affirment que la hausse des dépenses de santé influence leurs choix d’investissement. Résultat : certains réallouent leur budget vers les actions les plus efficaces, d’autres resserrent leur portefeuille de prestataires.

Santé mentale et RPS toujours en tête des priorités

Sur le fond, les préoccupations restent les mêmes. Les risques physiques et psychosociaux arrivent en tête des priorités, cités par 54 % des employeurs. La santé mentale, le stress et le burnout suivent de près, à 53 %, loin devant l’absentéisme et le désengagement.

Reste la question de la méthode. WTW pointe un problème de fond : peu d’employeurs réalisent des évaluations psychosociales de façon régulière. Sans diagnostic précis, difficile pourtant de savoir si les actions engagées répondent vraiment aux causes du stress ou du burnout.

Un décalage persistant entre attentes et perception

C’est justement là que le baromètre met le doigt sur un vrai problème : l’écart entre la perception des employeurs et celle des salariés. Les premiers sont globalement satisfaits de leurs programmes, avec un Net Promoter Score (indice de recommandation) de +3. Côté salariés, en revanche, il chute à –43.

Même décalage sur les priorités. Les entreprises misent surtout sur la santé physique et mentale, quand les salariés attendent davantage de réponses sur le plan financier. Pourtant, près d’un employeur sur deux ne relie toujours pas sa politique de bien-être à ses dispositifs de retraite ou d’épargne.

Le problème, finalement, n’est pas d’en faire plus, mais de faire en sorte que les salariés connaissent les dispositifs existants et s’en emparent. Et sur ce terrain, il reste du chemin : 58 % des organisations n’ont ni référent dédié, ni feuille de route formalisée. Et 26 % ne mesurent même pas l’efficacité de leurs programmes.

Dans un contexte budgétaire plus contraint, les entreprises entament donc un nouveau chapitre : avant d’ajouter, mieux vaut d’abord vérifier ce qui fonctionne vraiment.

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