Salaires : les inégalités femmes-hommes se réduisent lentement
En France, les inégalités salariales entre femmes et hommes persistent, même si elles diminuent progressivement depuis plusieurs décennies. C’est ce que montre une récente analyse de Insee consacrée à l’évolution des écarts de rémunération dans le secteur privé.
En 2024, le revenu salarial moyen des femmes travaillant dans le secteur privé reste inférieur de 21,8 % à celui des hommes. En moyenne, les femmes ont perçu 22 060 euros annuels, contre 28 220 euros pour les hommes.
Une partie de cet écart s’explique par des différences de volume de travail. Les femmes sont en effet moins souvent en emploi sur l’ensemble de l’année et occupent plus fréquemment des postes à temps partiel. En moyenne, leur volume de travail annuel est inférieur de 9,1 % à celui des hommes.
Même en neutralisant ces différences de temps de travail, l’écart de rémunération demeure : à temps de travail équivalent, les femmes gagnent encore 14 % de moins que les hommes.
Une tendance à la baisse depuis près de trente ans
Sur le long terme, les inégalités salariales ont néanmoins reculé. Depuis 1995, l’écart de revenu salarial entre femmes et hommes s’est réduit d’environ un tiers, sous l’effet de deux évolutions principales : la hausse du volume de travail des femmes et la diminution progressive des écarts de salaires à temps plein.
La présence accrue des femmes dans les postes qualifiés contribue également à cette réduction. Leur part parmi les cadres du secteur privé est passée de 23 % en 1995 à 38 % en 2024.
Des écarts plus marqués avec l’âge
Les différences de rémunération se creusent au fil de la carrière. En 2024, l’écart de salaire à temps plein est relativement limité chez les jeunes salariés (3,2 % pour les moins de 25 ans), mais il atteint plus de 24 % parmi les salariés de 60 ans ou plus.
Par ailleurs, les inégalités varient selon les secteurs et les catégories professionnelles. Les écarts restent particulièrement marqués chez les cadres, alors qu’ils sont beaucoup plus faibles parmi les employés.
Des métiers encore très différenciés
Une part importante des écarts s’explique aussi par la répartition différente des femmes et des hommes selon les métiers et les secteurs d’activité, un phénomène appelé « ségrégation professionnelle ». Les femmes restent par exemple très peu présentes dans certains métiers comme la construction ou le transport, tandis qu’elles sont majoritaires dans des professions administratives ou de services.
Lorsque l’on compare les salaires de femmes et d’hommes occupant le même poste dans le même établissement, l’écart se réduit fortement et atteint environ 3,6 %.
Une présence féminine plus faible parmi les hauts salaires
Enfin, les femmes sont encore sous-représentées dans les postes les mieux rémunérés. Elles occupent 42 % des emplois du secteur privé, mais seulement 24 % des 1 % des postes les plus rémunérés.
Ces différences d’accès aux postes les mieux payés contribuent largement à maintenir l’écart salarial global.
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