Stages tutorés vétérinaires : efficaces pour former, pas pour installer
Créés pour enrayer la désertification vétérinaire, les stages tutorés en milieu rural ont peu à peu trouvé leur place dans la formation des futurs praticiens. Si l’expérience est unanimement saluée sur le terrain, son effet réel sur l’installation durable en zones d’élevage reste, pour l’heure, difficile à mesurer. C’est le constat que dresse un récent rapport du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER)
Le dispositif a été lancé à titre expérimental en 2013, avant d’être généralisé trois ans plus tard. Il s’adresse aux étudiants vétérinaires en dernière année de spécialisation en animaux de production. Pendant 18 semaines, ils rejoignent une clinique rurale et travaillent aux côtés d’un vétérinaire tuteur et d’un enseignant référent. Chaque année, entre 100 et 110 étudiants en bénéficient, pour un budget de 550 000 euros financé par le ministère de l’Agriculture.
Sur le fond, les retours sont bons. Les étudiants y gagnent en autonomie, en confiance, et surtout en contact direct avec les réalités d’un métier qu’on n’apprend vraiment qu’en le faisant. Les tuteurs, de leur côté, y trouvent aussi leur compte : transmettre, accompagner, et parfois repérer un futur associé.
De nombreux territoires peinent à attirer
Là où les choses se compliquent, c’est sur la question de l’installation. Environ la moitié des vétérinaires formés en animaux de production exercent finalement en milieu rural, mais le rapport du CGAAER est formel : aucune différence notable n’existe entre ceux qui ont fait un stage tutoré et les autres.
Le stage prépare mieux, oui. Mais il ne convainc pas davantage. Les zones les plus en tension comme le Centre-Val de Loire, le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté et certaines parties du Sud-Est et du Massif central, continuent de peiner à attirer de jeunes diplômés, qu’ils aient ou non bénéficié du dispositif.
Des ajustements nécessaires pour aller plus loin
Le rapport ne s’arrête pas au constat. Il propose des pistes : informer les étudiants plus tôt dans leur cursus, mieux former les tuteurs, simplifier les démarches administratives. Il suggère aussi d’élargir le dispositif aux étudiants français formés à l’étranger.
Nos dernières sorties :
-
Stages tutorés vétérinaires : efficaces pour former, pas pour installer
-
Avoir 20 ans en 2026 : entre espoir et appréhensions face à l’avenir professionnel
-
Betterave : une plateforme d’intelligence artificielle pour accélérer la transition agroécologique
-
Métiers de l’eau : des emplois à la clé, mais encore trop peu de candidats
Devenez un acteur de la filière agricole.
Plus de 1200 offres d'emplois partout en France.