Abandon d’études : un frein durable à l’insertion professionnelle des jeunes
Un jeune Français sur cinq : c’est la proportion de 15-34 ans qui déclare avoir commencé des études sans les terminer, selon une récente publication de l’Insee. Derrière ce chiffre se cachent des réalités très différentes — et des conséquences qui le sont tout autant.
Sur ces 20 % de jeunes concernés — soit une fraction significative des 16 millions de Français dans cette tranche d’âge —, près de la moitié (43 %) ont mis un terme définitif à leurs études initiales. Les autres se sont réorientés (39 %) ou ont repris un cursus après une première interruption (19 %).
Les ruptures surviennent rarement par hasard. Elles se concentrent souvent à des étapes clés : un quart des abandons interviennent en troisième année de licence, 14 % en terminale, 12 % en deuxième année de BTS.
À titre de comparaison, la France affiche un taux d’abandon de 20 %, nettement au-dessus de la moyenne européenne qui s’établit à 14 %. Un écart qui interroge.
Ce qui pousse à partir
Les raisons de l’abandon diffèrent selon qu’il s’agisse d’une réorientation ou d’un arrêt définitif. La réorientation est majoritairement liée à un manque d’adéquation entre la formation et les attentes (72 % des cas). En revanche, les arrêts d’études sont davantage motivés par des raisons personnelles, notamment de santé ou familiales (24 %), ou par des contraintes financières et la volonté d’entrer sur le marché du travail (19 %).
L’origine sociale, sans surprise, pèse lourd. Les enfants de cadres ont davantage les moyens — financiers et symboliques — de se réorienter. Ceux issus de milieux ouvriers ou de foyers sans emploi, eux, arrêtent plus souvent pour de bon.
Décrocher du marché du travail ?
Parmi les jeunes sortis du système scolaire, 23 % de ceux qui ont définitivement abandonné leurs études se retrouvent au chômage ou dans son halo — contre 15 % pour ceux qui n’ont jamais interrompu leur parcours, et seulement 11 % pour les réorientés.
Même en emploi, ces jeunes restent plus exposés à la précarité : 20 % sont en CDD ou en intérim, contre 14 % chez ceux qui ont suivi un parcours continu. Et quand il s’agit d’accéder à des postes de cadre, l’écart est encore plus frappant — 8 % seulement pour les sortants définitifs, contre 24 % pour ceux qui n’ont jamais décroché.
La réorientation : un pari souvent payant, mais pas sans traces
La réorientation, en revanche, s’en sort plutôt bien. Elle débouche généralement sur des diplômes plus élevés et une insertion globalement plus favorable. Nuance toutefois : même à niveau de qualification équivalent, les réorientés accèdent légèrement moins souvent aux postes de cadre que ceux n’ayant jamais changé de cap. Comme si le détour laissait, malgré tout, une légère empreinte.
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