Démission-reconversion : l’entrepreneuriat et la formation au cœur des parcours 

Quatre ans après sa mise en place, le dispositif de démission pour projet professionnel – dit de démission-reconversion – fait l’objet d’un éclairage inédit. Une étude de l’Unédic analyse le profil et les trajectoires de ses bénéficiaires dans les 24 mois suivant leur inscription à France Travail. Résultat : un dispositif encore marginal mais qui s’adresse à des profils spécifiques et débouche majoritairement sur des projets aboutis. 

Mis en place le 1er novembre 2019, le dispositif de démission-reconversion permet à des salariés de quitter volontairement leur emploi tout en ouvrant des droits à l’Assurance chômage, à condition de présenter un projet de reconversion professionnelle suffisamment construit et validé par les commissions paritaires des associations Transitions Pro (AT-Pro). Fin 2024, il concerne environ 27 000 allocataires indemnisés, soit 1 % de l’ensemble des bénéficiaires de l’Assurance chômage. 

Une montée en charge progressive 

Après un démarrage prudent – avec 6 500 ouvertures de droits en 2020 – le dispositif a connu une montée en puissance continue, atteignant près de 18 000 entrées en 2024. Les dépenses d’allocations associées s’élèvent à 540 millions d’euros sur l’année, là encore environ 1 % des dépenses totales d’indemnisation. 

Des bénéficiaires plus diplômés et mieux indemnisés 

L’étude met en évidence un profil spécifique des bénéficiaires. En moyenne, ils sont plus diplômés que les autres allocataires de l’Assurance chômage. Leur parcours antérieur leur ouvre généralement des droits plus longs et des allocations journalières plus élevées, ce qui contribue à sécuriser leur transition professionnelle. 

Ces caractéristiques s’expliquent par les exigences du dispositif, qui suppose une capacité à anticiper, structurer et défendre un projet de reconversion devant une instance paritaire. 

L’entrepreneuriat comme voie privilégiée 

La démission-reconversion est très largement mobilisée dans une logique entrepreneuriale. Environ 7 bénéficiaires sur 10 s’engagent dans une démarche de création ou de reprise d’entreprise. Fait marquant : ils concrétisent leur projet rapidement, majoritairement dans les trois mois suivant l’ouverture de leurs droits, contre sept à huit mois en moyenne pour les autres allocataires créateurs ou repreneurs d’entreprise. 

Cette rapidité traduit le degré de préparation des projets au moment de la démission, mais aussi l’effet levier de l’indemnisation chômage dans la phase de lancement. 

Formation et retour à l’emploi durable 

Les autres bénéficiaires s’inscrivent principalement dans des parcours de formation, souvent longs et certifiants. Les secteurs du soin, des services à la personne ou encore du transport figurent parmi les domaines les plus investis. Là encore, l’entrée en formation est rapide : en moyenne trois mois après l’ouverture des droits. 

Deux ans après leur inscription à France Travail, ces bénéficiaires affichent des trajectoires d’insertion solides. Plus de 6 sur 10 ont repris un emploi durable, sous la forme d’un CDI ou d’un CDD d’au moins six mois, une proportion supérieure à celle observée parmi les autres allocataires de l’Assurance chômage. 

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