Candice Gouraud, ingénieur paysagiste : Décrypter les paysages pour accompagner la transition énergétique

Elle rêvait de concevoir des paysages. Aujourd’hui, Candice Gouraud les analyse pour limiter l’impact des projets d’énergies renouvelables sur leur environnement. Diplômée de l’Institut Agro Rennes-Angers (anciennement Agrocampus Ouest), cette ingénieure paysagiste a trouvé sa voie dans les études d’impact paysager. Un métier de terrain, d’analyse et de rédaction, où il faut concilier sensibilité paysagère et exigences réglementaires.

Le goût de Candice Gouraud pour le paysage ne doit rien au hasard. Enfant, elle fréquente régulièrement une entreprise de paysage tenue par des amis de sa famille. « Ils avaient une pépinière, un très beau jardin. Leurs filles se sont orientées vers ce métier et cela m’a donné envie à mon tour. »

Bonne élève en sciences mais attirée par les métiers de la conception paysagère, elle choisit naturellement d’intégrer Agrocampus Ouest, devenu depuis l’Institut Agro Rennes-Angers. Une école qui lui permet d’allier approche scientifique et passion du végétal.

Après trois années de tronc commun très orientées vers les sciences, elle se spécialise progressivement en paysage avant de choisir, en dernière année, une orientation consacrée au grand paysage et à l’analyse territoriale. Tout au long de son cursus, elle multiplie les stages, aussi bien dans des bureaux d’études spécialisés en environnement que dans une entreprise de conception de jardins. Une diversité d’expériences qui lui permet d’affiner progressivement son projet professionnel.

Des études d’impact au cœur de la transition énergétique

Diplômée en 2019, elle est recrutée directement à l’issue de son stage de fin d’études par un bureau d’études en environnement. Le métier qu’elle découvre est pourtant assez éloigné de celui qu’elle imaginait en entrant à l’école. « Je me suis finalement retrouvée à réaliser des études d’impact pour des projets éoliens puis photovoltaïques. »

Concrètement, son travail consiste d’abord à analyser un territoire : observations de terrain, relevés photographiques, compréhension de l’organisation paysagère… À partir de cette analyse, elle formule des recommandations afin d’aider le porteur de projet à concevoir une installation la mieux intégrée possible dans son environnement.

Une fois le projet défini, vient ensuite l’étude d’impact proprement dite, avec l’analyse des effets visuels des futures installations à l’aide notamment de photomontages réalisés avec les infographistes.

Après plusieurs années consacrées principalement aux projets éoliens, Candice Gouraud rejoint en janvier 2025 un nouveau bureau d’études où elle travaille désormais essentiellement sur des projets agrivoltaïques. Si les missions restent les mêmes, les dossiers sont plus courts et les territoires d’étude plus restreints.

Entre terrain, cartographie et rédaction

Le quotidien alterne entre déplacements et travail de bureau. Deux fois par mois environ, elle part sur le terrain observer les paysages, prendre des centaines de photographies et collecter les informations nécessaires à ses analyses.

Le reste du temps est consacré à la rédaction des études, à la réalisation des cartographies, aux échanges avec les clients et au suivi simultané de plusieurs projets. « Les projets s’étalent souvent sur plusieurs années. On travaille donc en permanence sur plusieurs dossiers à la fois. »

Si elle conduit ses études de manière très autonome, elle échange régulièrement avec les autres spécialistes du bureau d’études — écologues, experts de la faune et de la flore, spécialistes des sols ou de la réglementation — afin de garantir la cohérence globale des projets.

Rigueur scientifique et sensibilité paysagère

Pour exercer ce métier, les compétences rédactionnelles occupent une place centrale. Les études peuvent dépasser une centaine de pages et doivent respecter un cadre réglementaire très précis. « Il faut réussir à jongler entre l’analyse sensible du paysage et un cadre extrêmement réglementé. »

La maîtrise des logiciels de cartographie (SIG) constitue également un atout, même si elle s’acquiert souvent au fil de l’expérience. À cela s’ajoutent des qualités graphiques, utiles pour produire des cartes lisibles, réaliser des croquis ou choisir les points de vue les plus pertinents lors des campagnes photographiques.

Mais, pour Candice Gouraud, les deux qualités essentielles restent la sensibilité au paysage et la capacité d’analyse.

Comprendre les paysages avant tout

Ce qui continue de la passionner après plusieurs années d’exercice, c’est avant tout la phase d’analyse. « J’aime comprendre pourquoi un territoire est organisé de cette manière, rechercher son histoire, analyser son fonctionnement et réussir à synthétiser toutes ces informations. »

Une façon d’aborder les paysages qui change aussi son regard au quotidien. Désormais, chaque territoire devient un terrain d’observation où les reliefs, les usages agricoles ou les infrastructures racontent une histoire qu’elle s’attache à décrypter.

Un métier discret mais essentiel, qui contribue à concilier développement des énergies renouvelables et préservation de la qualité des paysages.

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